Il n’est plus temps, Daniel. Tu ne peux plus proposer aux gens de véritable programme de gauche depuis la chute du Mur. Tu ne peux plus leur parler de programme de gauche depuis quarante ans que la gauche française se fout du populo, depuis que les syndicats ont laissé de côté les précaires, depuis que les partis et groupuscules de gauche et leurs militants ont laissé jeter à la rue des milliers de nos compatriotes pour s’occuper uniquement de leur clientèle de fonctionnaires. Plus personne aujourd’hui n’ajouterait foi aux promesses de la nana ou du mec se réclamant des thèses marxistes, et qui essaierait de leur vendre un SMIC à 2000 balles, la renationalisation de tout ce qui a été bradé aux multinationales. Et puis quoi ? Tu vois ça, toi, dans un pays qui déteste à ce point les fonctionnaires et où la crasse moyenne arrondit ses fins de mois en boursicotant, qu’un pékin lui dise : on va tout renationaliser, exit Veolia, Suez et consorts, c’est ici qu’on construira les Renault-Peugeot-Citroën qui du coup coûteront plus cher que des Rolls.
Passer à autre chose, Daniel, OK, mais on laisse de côté les systèmes que l’Histoire à laissés sur le carreau, si on veut que ça marche, et on crée du neuf, et pour ça on n’attend pas d’autrui, on descend dans la rue comme les Tunisiens l’ont fait, comme les Grecs le font.
Enfin, c’est ce que j’en pense...