@ amipb,
Peut-être êtes-vous en train de donner une bonne définition de ce qu’est un intellectuel.
Je suis plutôt de ceux qui considèrent qu’il n’y a pas de Solution car il n’y a pas de Problème pour peu que l’on s’entende déjà sur les Enveloppes qu’on examine.
Par exemple : si par son comportement l’Homme en arrivait à rendre la vie complètement impossible sur Terre pour tout ce qui ne ressemble pas à un cafard, ça ne serait pas un Problème d’un point de vue disons externe ou de cafard.
Mais dans ce mouvement, beaucoup d’Hommes et de bestioles vivront des problèmes et il ne serait pas logique de les dénier, de dire qu’il n’y a pas de problème alors qu’il y en aura mille milliards.
Et cela, tout en sachant que le fait de vivre pose toujours mille problèmes, à une mouche comme à une baleine et cela avant même l’apparition de l’Homme.
Le problème ’Que bouffer’ n’est qu’un des problèmes classiques de toute forme de vie et il est logique, vital que chaque forme de vie s’affaire à le résoudre.
Disons que pour un Homme, plus il serait déçu, plus il serait enclin à renoncer à ce bon aveuglement qui pousse chacun à se battre pour survivre, à battre les autres pour saisir une bouée ou nourriture, à lapider pour ne pas être lapidé.
Oui, le déni de sa finitude est une bonne chose. Sans ce déni, nous serions tous des renonçants. Oui le déni de sa finitude (très personnelle mais aussi communautaire) est une bonne chose, même s’il conduit à des hystéries (personnelles et communautaires).
Ce déni vraiment indispensable de la non-importance de soi, nous conduit à nous rendre plus importants que nous le sommes et cela se voit en particulier dans le principe d’adoration. Adorer, faire d’une chose, d’un objet, d’une personne, une survaleur ou une valeur plus haute que soi (sur le papier), est une manière saine de se rendre indispensable à une sur-valeur, donc de se valoriser.
Il est vital donc sain de porter des choses ou personnes aux nues (surtout après leur mort), de dire que les couchers de soleil sont magnifiques.
’Heureusement pour le Soleil et la Terre, je suis là pour en rendre compte et le chanter’
’Heureusement pour le Soleil et la Terre, je suis poète’
Il n’y a aucun Problème à ce que les choses soient donc ainsi, fondamentalement organisées autour du déni de notre finitude, de notre non-importance strictement individuelle.
Mais bon, il n’est pas catastrophique que de temps en temps, il y en ait un d’entre nous qui, va savoir pourquoi, est passé de l’autre côté de ce mur du déni et qu’il nous dise que la voie Lactée n’est pas forcément plus belle ou magnifique que la coulée de sueur d’un mineur, la colère d’un éboueur ou les insultes d’un ivrogne. Que ce corps qui se décompose en puant n’est pas forcément moins magnifique que celui qu’il était quand il forgeait, allaitait, caressait, frappait, rotait et pétait.
Que le corps n’est pas forcément moins magnifique que l’esprit