A mon sens et sauf cas d’anomalies structurelles et biochimiques, je ne crois pas qu’un individu ait des problèmes phychologiques absolument intrinsèques. Un individu ayant passé toute sa vie sur une île déserte ne présentera pas de problèmes comportementaux et ne se sentira souffrir de rien en zone psychologique.
Toujours à l’exclusion des pathologies physiques, les problèmes psys ne viennent que de la vie à deux, à trois surtout et bien entendu en groupe, en société.
Je suis convaincu qu’un 100% Robinson, le jour où il voit un navire pour la première fois, il n’y accorde aucune attention et l’a oublié dans la minute qui suit. Idem s’il voit soudain 12 étoiles s’aligner en cercle. Il ne réagit hystériquement que s’il voit un autre homme.
Ce n’est que la présence d’un autre, d’un semblable, qui induit un énorme univers de pensées et de sentiments dont la peur, le désir, la curiosité, la morale, la confiance, la méfiance, l’abandon, la fidélité, l’amour, la haine, la projection, la générosité, la jalousie, l’introjection, la honte...( Le miroir, la photo, posent bien des problèmes aux primitifs)
Nos problèmes sont donc d’abord liés à notre enfance et, au fil des années, au continuum de ce contexte originel (et continuum il y a très souvent, par un biais ou un autre. Rien que le fait d’être déclaré orphelin crée une situation continue, définitive)
Cela posé, parce que les continuités ne sont pas toujours très puissantes ni très continues, une personne peut donc, vers 30 ans, élaborer des relations presque ab nihilo avec d’autres.
Si dans ces nouvelles relations, dans ces nouveaux contextes, la personne présente régulièrement des anomalies comportementales rendant ses relations difficiles, considérons que ses problèmes lui sont intrinsèques. Non pas au sens absolu mais au sens où quel que soit le milieu dans lequel on l’installe, elle manifeste les mêmes turbulences (on remarquera alors qu’elle pousse tous les nouveaux contextes à ressembler à son contexte originel)
Si une personne n’est turbulente que dans certains contextes, peut-être parce qu’ils lui rappellent trop son contexte originel, on dira que son mal est poeu intrinsèque et c’est là qu’on devra traiter le groupe.
Vous évoquez le possibilité que seuls certains acteurs du système dans lequel baigne le patient acceptent de travailler sur eux-mêmes. Et bien il se pourrait que ce soit déjà une excellente chose.
En effet, dans un système à 5 personnes, si deux seulement sont traitées et pacifiées, ça peut avoir une influence pacifiante sur tout le groupe par mimétisme. Voir deux membres de sa famille se réconcilier, les voir vivre en préservant leurs marges mutuelles, nous indique la bonne voie à suivre et nul doute que nous la suivons.