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chapoutier 19 septembre 2011 18:39

un copié-collé d’une belge de retour de libye

De retour de Libye, Ilse Grieten a répondu aux questions d’Intal. Cette ONG a lancé la campagne «  F-16 hors de Libye », qui vise faire sortir la Belgique de la coalition en guerre contre la Libye.

Intal : Pourquoi es-tu allée en Libye ?

Ilse : En 2002, je suis allée en Irak avec une mission internationale. C’était la période pendant laquelle la guerre contre l’Irak était en pleins préparatifs, avec la diabolisation de Sadam Hussein et le récit touchant les armes de destruction massive, visant à ce que chacun soit prêt à participer à la guerre. Par après, j’ai eu très mal au cœur quand j’ai vu que tout avait été bombardé de fond en comble. Maintenant que nous voilà plus de 8 ans plus tard, ils y sont encore.

Pouvons-nous comparer la Libye à l’Irak ?

Quand la guerre en Libye a commencé, j’étais aussi très fâchée. Quand j’ai regardé les messages transmis par les medias et que j’ai vu la vitesse à laquelle les décisions étaient prises, j’étais littéralement malade de colère, furieuse et incrédule devant le fait que notre pays agisse ainsi, un petit pays qui ne sait déjà pas se gérer lui-même. De plus, le Parlement tout entier a soutenu la décision. Les verts y compris ! Comme si nous devions d’urgence aller sauver des citoyens avec nos F-16 ? Y a-t-il quelque chose de plus absurde  ?

Une fois de plus, on pointe un leader qu’on diabolise pour justifier la guerre. S’ il s’agissait de Kadhafi, ils auraient pu tout simplement le faire inviter par Berlusconi ou Sarkozy et l’arrêter à ce moment-là. Aussi longtemps que quelqu’un sert nos intérêts, nous le soutenons pour notre propre profit. Son accord pour contenir le flot de réfugiés, les nombreux contrats avec des entreprises européennes, … La Libye est un pays qui mène sa propre course indépendante, sans dette extérieure, et c’est le seul pays qui peut en dire autant (1). Les Libyens ont une bonne économie (avec un taux de croissance économique de 7 %), et ce n’est pas un hasard s’ils ont aussi du pétrole.

Une fois que vous étiez en Libye, qu’est-ce qui vous a le plus frappée  ?

Peut-être trois choses.

A Tripoli, on ne percevait pas de climat de guerre. Les gens n’étaient ni hostiles ni méfiants les uns envers les autres. On avait le sentiment que la vie se déroulait comme d’habitude, tous les magasins étaient ouverts, les familles étaient à la plage, … Il y avait bien des pénuries d’essence aux stations de distribution, avec de longues files pour conséquence. Tout était calme, vous n’aviez pas l’impression qu’à tout instant une bombe pouvait tomber sur votre toit.

Ce à quoi je ne m’étais pas du tout attendue, c’est à la composition de la population. Celle-ci est très mélangée et l’on voit que les Libyens de toutes couleurs vivent ensemble tout simplement, sans distinction. En plus de ça, il y a presque autant de migrants africains provenant des pays voisins qui vivent et travaillent là depuis des années, et semblent complètement intégrés dans le paysage.

Tertio, et c’était ce qu’il y avait de plus important et de plus surprenant à Tripoli et partout où nous sommes allés dans l’ouest du pays, l’immense soutien de la population pour Kadhafi. Partout où vous allez, à toute heure du jour, des gens sillonnent les rues en klaxonnant et en agitant le drapeau vert libyen, avec des photos de Kadhafi, et criant :“Allah, Muammar wa Libya, bus” (Dieu, Muammar et la Libye, c’est tout  !).

Sur la Place Verte à Tripoli, le vendredi après la prière de midi, des heures durant il y avait une protestation massive contre l’attaque des forces de l’OTAN et en appui au gouvernement. Je ne peux pas dire combien de centaines de milliers ou combien de millions de personnes il y avait car je n’ai jamais vu une telle masse de gens. Toute la journée, sur toutes les places et dans toutes les rues régnait une sorte d’atmosphère de fête. Les gens voulaient tout le temps parler avec vous. Même quand nous nous promenions dans le souk, des personnes s’adressaient à nous spontanément : « Qu’avons-nous fait de mal ? Pourquoi nous avez-vous bombardés ? Nous n’avons fait de mal à personne. Dans ce pays, chacun est bienvenu et que faites-vous ? Pourquoi ? » Chacun était indigné et fâché, se demandant pourquoi nous (l’Occident) venions détruire leur pays. Ils n’épargnaient pas non plus leurs critiques à l’encontre des journalistes, qui font tout pour vendre la guerre et ne pas raconter la vérité.



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