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Mor Aucon 18 novembre 2011 18:20
Mor Aucon

Pour Grignon : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=1274

Il faudrait déjà commencer à défaire cette amalgame monnaie-dette. Alors parlons de crédit et comme vous le faisait remarquer Pie 3,14, le crédit est une anticipation, une projection sur l’avenir, une manière d’échapper à la tyrannie du temps. Le crédit concédé et, par conséquent, la dette reconnue ne sont pas du vent. Ils représentent une richesse, le bien que l’on va consommer, la maison que l’on va habiter avant d’avoir réuni toute la somme nécessaire à son achat, l’entreprise que l’on va créer sans avoir à épargner le capital de départ, etc... Très grosso modo et dans le but de me faire comprendre, vous avez, avant la concession de ce crédit, un nombre de biens disponibles qui va augmenter en fonction de l’accès au crédit. Il faut donc que la monnaie suive et qu’il y ait un mécanisme de création monétaire souple qui permette de créer et détruire ( quand le prêt est remboursé ) la quantité de monnaie en fonction des besoins de crédit de la population. Que les banques privées soient le rouage essentiel de cette partie de la création monétaire (ils n’impriment pas la monnaie, ni décident les taux directeurs, ni les coefficients de réserve, etc..) n’est pas un scandale en soi. Par contre, quand on voit où va cette masse monétaire et ce qui se fait avec sur les marchés financiers, on peut s’indigner, oui, mais ce n’est pas la création monétaire par le crédit qui est en cause sinon le contrôle de l’usage des capitaux générés par ce mécanisme. Donc, les mesures qui entameraient le problème par le haut, régulation de la finance internationale, prohibition des paris, des produits dérivés trop complexes, séparation des banques de dépôts de celle d’affaires, etc... ont plus de chance de remettre la finance au pas que celles qui partent d’un principe aussi bizarre que celui qui assimile la monnaie à de la dette.

D’autre part, remettre entre les mains du gouvernement le pouvoir de contrôler la création monétaire peut s’assimiler à un suicide démocratique du fait de la propension démagogique du pouvoir exécutif. C’est ce qui a poussé les États modernes à se doter d’une banque centrale autonome (le système USA est archaïque sur ce point de vue). Revenir en arrière serait aussi stupide, à mon avis, que de lui remettre le pouvoir judiciaire entre les mains.

La dette publique est encore un autre problème différent. L’amalgame, sous le nom de dette, que font ces documentaires pseudo-révolutionnaires n’aide pas à faire la part des choses. C’est le moins que l’on puisse dire. Le plus comique est quand ils prétendent faire découvrir un énorme secret fort bien caché depuis des siècles alors que la description de ce mécanisme est dans tous les manuels d’économie.



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