Quand on a été aussi aveuglé par l’amour en phase UN on ne doit pas parader de lucidité guerrière en phase DEUX.
Pour cet enfant sur lequel chaque camp affûte ses couteaux lors de la phase DEUX, seule la phase UN importe. Il incarne une union, parfois insolente et extraordinaire, il ne veut pas en incarner la démolition et la ruine alors que son parent exfiltreur l’y oblige.
Au fur et à mesure qu’il s’émancipera, ce qu’il fera de bien curieuse manière, il aimera celui de ses parents qui aura le moins cherché à l’exfiltrer et même très loin de lui, il le démonstrera.
Les exfiltrations se réalisent dans toutes sortes de contextes. Ca va des exfiltrations justifiées par une famine ou épidémie dans un des deux pays, par sa guerre, par ses moeurs choquantes, par sa pauvreté culturelle ou économique, par son alcoolisme. les prétextes ne manquent pas.
Et bien même exfiltré d’un pays affamé, en guerre et pollué où il a passé son enfance, l’enfant le regrettera.
Même exfiltré d’une mère ou d’un père alcoolique, l’enfant le vivra très mal et deviendra psychorigide.
Un enfant ne supporte à peu près le déracinement de la maison où il a grandi que si c’est avec sa famille complète.
Concernant plus précisément l’Allemagne, bonjour Mourot,
Il peut exister en Allemagne une politique visant à s’accaparer les enfants binationaux. La France a pratiqué cette politique en rapatriant dans l’hexagone les eurasiens d’Indochine sans offrir le voyage à leur mère Viet. A son tour, le Vietnam a pratiqué cette politique (de façon moins officielle que par un jungendamt, mais tout aussi ferme) vis-à-vis des Eurasiens qui y restaient encore (la France n’avait trouvé intéressant de ramener à Paris que les Eurasiens de père Français)
Ma mère, Française, a donc dû jouer de ruse vis à vis de la Police de l’air pour nous exfiltrer
Je connais donc très bien cette problématique de l’esprit Jugendamt.
Tous les pays, à moins d’avoir vraiment trop de gosses à nourrir, ont cette tendance plus ou moins officielle.
Alors il existe effectivement des cas où des couples, bien qu’en parfait accord, ne peuvent plus sortir leurs enfants.
Il se trouve que l’Allemagne a une tendance marquée au Jugendamt depuis plus d’un siècle (A vous faire remarquer alors que cette tendance est née de la Révolution française car avant elle, on réalisait des mariages binationaux au sommet de l’Etat pour former paix et que seul Bonaparte y a recouru ensuite, à cette seule fin)
Chaque Français qui se conjugue avec un Allemand doit donc savoir ce fait jugendamiste.
Sinon tout de suite, du moins après quelques années sur place. Et de prendre alors la précaution, lors des promenades transfrontalières, de rassurer d’abord l’Allemagne qu’on y retournera. Ne pas lui donner à penser qu’on va la quitter définitivement.
Seuls les plus maladroits se font piéger. A remarquer alors que la peine encourue est petite chose valant à peine le dixième de ce que l’Etat allemand aura dépensé pour participer à l’éducation de l’enfant en jeu. Des parents qui trouveraient que cette petite peine est insupportable indiquent à leur enfant qu’ils sont peu disposés à leur égard.
Voilà pour les couples qui s’entendent et qui ne parviennent pas à sortir ensemble leurs enfants d’un pays.
Ca représente quoi en volume par rapport à l’ensemble des exfiltrations qui se font par divorce ? Des clopinettes.
Mais des clopinettes très intéressantes à exploiter par les divorcés qui utilisent alors la difficulté des parents non divorcés et bloqués par un Jugendamt pour se poser en victimes à soutenir et à aider. Ceux-là sont très nombreux et ce sont ces divorcés exfiltreurs qui se dissimulent dans le lot des parents unis en difficulté qui sont les inconséquent et les abuseurs.
Ces très nombreux divorcés qui se glissent dans le petit groupe des parents unis en difficulté pour profiter de l’élan de compassion qu’on leur doit pourrissent le débat sur le concept jugendamt.
Ce concept est peu défendable quand le couple est d’accord pour exfiltrer l’enfant (mais il reste défendable d’un point de vue massif, étatique, mainstream, nationaliste) et il devient très défendable quand un seul parent veut l’exfiltration.
Les parents qui veulent exfiltrer unilatéralement profitent de ceux qui veulent exfiltrer ensemble et ces derniers se retrouvent dans une situation pourrie par les premiers bien plus nombreux. Les exfiltreurs unilatéraux se comportent comme les casseurs qui profitent de manifestations légitimes pour voler.
Enfin, à qui est-il au fond, l’enfant qui vient au monde ? Le débat s’est tenu sous tous les horizons depuis la nuit des temps et chaque parent doit donc savoir qu’il n’est pas possible qu’il soit seul à avoir des droits sur son enfant dès l’instant où il le met au monde au sein d’un système, d’une société et où il sollicite, dès l’accouchement la bienveillance de cette société.
A la seconde où l’on demande ou exige de tiers qu’ils soient bienveillants à l’égard de notre bébé, ils offrent volontiers cette bienveillance mais se sentent alors des droits sur lui.
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