Vous devez confondre Shame avec le premier porno venu, Georges Yang. Le réalisateur ne porte aucun jugement moral sur ses personnages - éventuellement sur le boss qui, lui, est dans le cynisme et la posture moraliste relevant de l’hypocrisie sociale qu’il assume parfaitement (d’où son attitude à la fois immorale avec la soeur de Brandon - qui n’a rien d’une « casse-couille », mais tout d’une borderline suicidaire), tout en condamnant la collection porno de son employé.
Steeve McQueen à aucun moment de « tombe dans le piège américain de la condamnation du sexe », preuve en est la scène de la blonde à l’hôtel. Clinique, mais socialisée à minima. Quant à l’orgie, ainsi que l’écrit Valérianne, elle révèle non pas une culpabilité supposée du personnage, mais sa souffrance infinie. Et si le réalisateur « condamnait », je doute qu’il filmerait d’une manière à la fois aussi crue et aussi peu sensuelle, mais si violemment génitale (dans les premiers plans sur Brandon entre la chambre et la salle de bain, c’est évident).