« »« » « Il y a des douleurs qui ont beau faire mal, elles sont minuscules face à la grandeur de l’Histoire ». « »« »
C’est vrai.
Mais ne le ressentent ainsi, quand ils sont dans la douleur, que ceux qui ont constamment le sens de la grandeur de l’Histoire. (Et grandeur ici ne veut dire que « conséquent pour les masses », ça ne veut pas dire Bien)
Pour avoir été à ce point renversé, vous venez de découvrir l’effet de l’enfermement.
C’est sans doute que vous ne vous étiez pas intéressé auparavant à ce qui se passait pour ceux qui étaient derrière le rideau de fer, en particulier à Berlin ou pour ceux qui sont en Corée du Nord, à Cuba, etc.
Ce qui fait la spécificité de ceux qui sont enfermés par les Israéliens c’est que contrairement à ceux des autres cas que j’ai cités, les Palestiniens ne se fliquent pas entre eux et qu’ils en sont tous révoltés. Ils seraient plutôt proches du cas de ceux qui étaient enfermés par les Nazis ou les Afrikaners dans des ghettos.
Concernant l’image de la couverture avec la fille aux ballons gonflés à l’hélium, je relève que si l’auteure est en l’espèce particulièrement active dans le sens de l’ouverture ou de l’évasion, elle vient d’ailleurs, elle est étrangère à l’endroit.
En général, les gens enfermés dans l’endroit où ils ont toujours vécu, n’ont pas le rêve de s’en évader mais seulement celui de détruire le mur qui les empêche de communiquer librement avec l’ailleurs.
Et quand il vient tout de même à certains le désir de partir, d’émigrer, il s’agit le plus souvent des hommes. Ce sont les hommes, non les femmes, qui, dans le Monde, ont eu le plus souvent le réflexe ou désir de partir, en manière d’Icare et avec un esprit quelque peu prométhéen.
A l’époque où le Mur de l’Est existait, les évasions émigrations avaient été conçues et réalisées, parfois en montgolfière, par des hommes. Idem lorsque Paris avait été encerclée par les Prussiens.
Cette image donne donc une idée fausse de la réalité car les palestiennes enfermées n’ont probablement pas d’abord le rêve de s’évader.
On notera que les Palestiniens pourraient s’enfuir par leurs nombreux tunnels mais qu’ils ne le font pas.
Et même dans le ghetto de Varsovie où les Juifs venus d’ailleurs avaient été regroupés, ils s’y sont sentis chez eux au fil des mois et n’ont que rarement entrepris de s’en évader (700 tentatives, 70 réussites). Le plus souvent, ceux des enfermés qui en sortaient, y retournaient après avoir récupéré de la nourriture ou des armes à l’extérieur. L’appropriation des lieux est à ce point forte que s’est crée la résistance armée. Ils se sont battus jusqu’à la mort pour sauver leur place. Ca peut sembler paradoxal ou propre aux Juifs en ce qu’ils auraient quelque atavisme de résignation. Il n’en est rien. Tous les peuples auraient réagi de manière similaire. Une fois qu’on s’est installé quelque part, même forcé, on y fait son nid. Ce tempérament valant donc surtout pour les femmes.
Dans le cas des ghettos Nazis, l’extérieur était tout autant hostile aux enfermés. S’en évader semblait de peu d’intérêt. D’autant que tous n’étaient pas convaincus que les Nazis allaient les exterminer.
Ceux qui sont enfermés à Gaza savent que l’extérieur ne leur est pas systématiquement hostile, qu’il y a plein de pays arabes où ils pourraient vivre sans violences contre eux mais ils tiennent à rester sur place. Ils sont attachés à leur endroit.
Ainsi, l’illustration qui collerait le mieux avec l’état d’esprit des palestiniens serait la photo du mur sur lequel un Palestinien aurait dessiné une brèche, une ouverture, un passage, un horizon lointain.
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