Il est régulièrement dit que « C’est la première fois dans l’histoire de notre pays que la jeune génération va vivre moins bien que la précédente »
Etant donné ce que savent les genn, en moyenne, de l’Histoire de France, en ses Grandes Lignes et surtout en ses petites lignes, celles des quidams, cette assertion ne révèle que de la légèreté et du péremptoire.
A défaut de considérer les périodes lointaines dont nous ne savons rien de manière partagée ou consensuelle, ne remontons qu’à 1800.
Et ce que nous partageons tous comme connaissances sur cette période récente nous montre qu’en dépit des richesses procurées par l’esclavage-colonisation, la vie des quidams était misérable et au fond très proche de celle qu’on accorde à ceux du Moyen-Age
Les premières photos nous montrent des quidam vivant dans des masures ne leur appartenant pas et ne possédant qu’une seule paire de chaussure (pour la dimanche) en plus de leur paire de sabots. Et le sort des enfants...
Ce n’est qu’à partir de 1900 et en dépit des crises à bouffer de la terre, que les conditions de vie des quidams a commencé à devenir inédite dans l’Histoire.
Ce n’est qu’à partir de 1900, qu’en dépit des crises et des guerres qu’il serait pertinent de dire que les nouvelles générations vivaient mieux que les anciennes.
Et c’est devenu éclatant à partir de 1950.
C’est donc plus précisément dans la très, très courte période entre 1950 et 2000 pour faire rond, que les jeunes quidams vivaient glabalement dans plus de confort que leurs parents.
Mais toute transition se faisant progressivement dans le temps, il y avait déjà bien des cas d’inversion à partir de 1980 et cette inversion est devenue éclatante à partir de 2000.
Toujours pour faire rond, à part une période de 50 ans dans l’Histoire de France où les quidams voyaient leurs enfants vivre mieux qu’eux, ça ne s’est jamais produit.
Et il est bien possible que cela ne se reproduise plus (en continuant de raisonner en moyenne des cas individuels)
Il reste alors à analyser plus en détail ce que veut dire « vivre mieux ». Par exemple, il pourrait être considéré que si un trentenaire quidam moyen n’a effectivement pas de travail, pas de Sam-Suffit avec tondeuse à gazon, pas même de voiture, il a tout de même plusieurs paires de chaussures, une montre, des lunettes de soleil, des vêtements à foison, il ne marche pas dans la gadoue et dispose de toilettes avec chasse d’eau potable, savon, Motonel et éclairage électrique.
(Au fait, j’aimerais bien que les uns et les autres me donniez votre avis sur un détail : est-ce que oui ou non on peut encore voir dans les toilettes autant de virgules de merde qu’il y en avait dans les années 60 ?)
Sinon, sur le fond de l’article ou plus précisément sur ce qu’on appelle la xénophobie, je trouve que toutes nos tensions internes, entre gens vivant en France, ne traduisent que le fait d’une plus grande angoisse sur le plan économique.
Il suffit que beaucoup de gens ressentent davantage de frustrations et d’angoisses pour que ça tire dans tous les sens. Dans ces conditions d’angoisse forte et généralisée, dire qui a raison ou qui a tort relève d’un boulot de Danaïdes.
Il suffit de regarder les cas les plus aigüs tels celui des hooligans de Cracovie qui haïssent tous ceux qui ne sont pas de leur bande tant ils se sentent abandonnés par la chance de vivre dans de meilleures conditions pour comprendre qu’à part ces cas extrêmes, la xénophobie tous azimuts soit devenue la règle pour les quidams.
La seule chose d’étonnante (si l’on croit comme moi que c’est l’abandon qui crée la haine) c’est le fait que même des gens vivant très bien, a priori frustrés d’aucune sorte de chance ou d’accès, aient tout de même besoin d’exprimer cette xénophobie.
Des gens comme Zemmour, qui disposent pourtant de toutes les chances, expriment autant de rancoeur parce que leur inconscient est resté fidèle au combat (tel qu’il leur est apparu) de leurs parents qui étaient sans doute réellement frustrés sur le plan matériel et qui vivaient de réelles problématiques xénophobogènes (cas des Pieds-Noirs).
Il me semble important de souligner que dans les époques où des gens naissaient aristocrates (interdits de travail sous peine de dégradation sauf lettre de pardon du roi) et vivaient donc de génération en génération dans l’aisance relative, n’éprouvant alors de la frustration qu’au regard des plus riches d’entre eux, il ne venait à l’idée d’aucun d’eux de monter sur une tribune très publique pour dire, pendant 15 minutes pis que pendre de la gueusaille.
On peut trouver des textes où il est écrit que la gueusaille est répugnante mais ces textes n’étaient pas publics, pas lus par les gueux et ils ne visaient pas du tout à les exterminer. L’aristocratie éprouvait souvent une répulsion pour la gueusaille et il était hors de question de la rejoindre en son bas rang, mais n’éprouvait jamais de la haine contre elle. En Inde, les castes supérieures ont de la répulsion pour les castes inférieures mais personne ne prend de micro pour proposer leur extermination ou emprisonnement.
De la haine anti gueusaille n’est apparue que quand il y a eu lutte à mort entre elle et l’aristocratie. Une des deux castes devant alors disparaître.
Des citoyens de Sinope avaient de la répulsion pour Diogène mais personne ne le haïssait et n’a cherché à le détruire. Ce dernier n’ayant jamais entrepris quoi que ce soit pour détruire la Cité
Bien qu’il soit facile de passer de l’une à l’autre, il ne faut pas confondre répulsion et haine.
Or Zemmour, dans son discours contre Taubira, parce qu’il est question de jugement, de condamnation et de prison pour la gueusaille rebelle, révoltée ou enragée, est bel et bien dans une incitation à la haine.
La gueusaille que vise les Zemmour cherche-t-elle à exterminer les nantis ou espère-t-elle seulement leur bonne place ?
La gueusaille, espère-t-elle ou désespère-t-elle ?
Je crois que les cas comme Tapie, Pinault, Smaïn, Zuckerberg, Zidane, Clooney, Fabian ou Debouze, tous issus de la gueusaille, lui donnent encore à espérer.
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