>@ gordon 71
Dieu que cette réaction me va droit au coeur ! Bonjour Georges et bonjour Rosemar.
J’aimerais qu’il soit reparlé de Bosco. Les mystères qu’il crée transfigurent notre vision des réalités. « Le Trestoulas », sur le même thème que Manon des Sources, m’ a lancé à la recherche de ces grottes et souterains cachés où naît la source...donc la vie !
J’ai relu plusieurs fois l ’Enfant et la Rivière en pensant que l’auteur y avait dissimulé des secrets. Ces secrets sont bien gardés en tout cas ! (rires)
Je ne vous apprendrai rien en vous disant que Giono a généré tout un mouvement à l’époque de ses succès de librairie*. C’est allé loin. On retrouve la trace des lieux de réunion de ses nombreux « fans », au village (hameau plutôt) de Redortiers (04). Je n’ai pu my promener qu’avec la plus profponde émotion. J’y sens encore sa présence. A redortiers il s’agissait de partage. Partage des « Vraies Richesses »qui ne sont pas faites d’argent mais de bonté, fraternité, solidarité. La fusion et la cohésion avec la Nature allaient de soi. Un tel mouvement ne pouvait être que pacifique, voire pacifiste plutôt et la guerre de 39-45 approchait. Comme toutes les guerres elle a interrompu tous les rêves. Giono, courageux et tenace s’est élevé contre la déferlante guerrière et a été accusé de défaitisme ce qui lui a même valu d’être emprisonné un certain temps. Le Giono homme et écrivain, blessé par cette injuste épreuve n’a plus été le même désormais et les oeuvres produites par la suite ont été plus dramatiques, épiques, et, selon moi, moins poétiques, mais délicieusement faulknériennes.
Je comprends, chère Rosemar, que cette oeuvre à la fois romanesque et poétique géniale (généreusement pillée par Pagnol) vous paraisse actuelle et universelle car l’humanité toute entière ne peut que se repentir d’avoir mis à mal la nature. Giono savait en parler... Il nous parle !
Bon WE de lecture alors !
* son seul vrai succès d’ailleurs : à part une immense popularité aucun prix littéraire ne lui a jamais été décerné. Aujourd’hui il y a un prix Jean Giono décerné chaque année à l’ensemble de l’œuvre d’un auteur de langue française qui a défendu la cause du roman.