@ diverna
On peut présenter des activités de découverte pour toutes
les notions imaginables, ce qui n’est pas un problème si l’on dispose de
beaucoup de temps en classe. Les activités, TP sur machines ou pas, problèmes de toutes
sortes, recherches et rédaction « font » les mathématiques, mais il
ne faut pas que ce soit en sacrifiant
trop la rigueur : il faut permettre de donner des définitions rigoureuses autant
que possible à un niveau donné et compte tenu du public visé, et permettre de
travailler à partir de ces définitions même s’ils elles sont parfois un peu
théoriques, surtout si elles sont accessibles à des élèves du lycée qui
choisiraient la vois scientifique moyennant une petite sélection à l’entrée.
Ce n’est pas parce qu’on sait facilement simuler des jets de
dés sur un tableur que l’on doive supprimer toute définition d’une « probabilité ».
Il faudrait continuer à enseigner des notions qui
disparaissent pour être remplacées par des statistiques et de l’utilisation de
machines. Ne plus savoir ce qu’est le produit vectoriel est dommageable pour nos
jeunes scientifiques de terminale. Découvrir les vecteurs en seconde est une
hérésie. Une collègue de terminale m’a dit hier que personne dans sa première S
n’avait vu les vecteurs durant toute sa scolarité. Leur enseignant de seconde n’avait
pas eu le temps de les aborder l’an passé, ce que l’on peut comprendre compte
tenu des horaires dévolus aux maths, des méthodes prônées et du public
disparate visé. Faire des TP sur ordinateur est chronophage, faire faire de l’algorithmique
est chronophage, est difficile à enseigner et n’est pas spécialement passionnant pour les
élèves. Certains élèves découvriront donc les vecteurs en première tout en
écoutant leur professeur de sciences industrielles leur parler d’objets comme
des « torseurs ». Pourtant le
parallélogramme est étudié depuis la cinquième, en enseigner les vecteurs en
collège ne posait pas de problèmes particuliers à ma connaissance, sauf à ceux
qui n’avaient déjà pas le niveau à l’entrée en sixième et qui sont condamnés à
pratiquer les mêmes programmes avec les mêmes horaires. C’est une notion qui se
dessine facilement, à l’opposé des torseurs dont on peut « se passer »
pendant toutes ses études de mathématiques à la fac, sauf spécialisation dans
un domaine particulier.
Que dire pour conclure ? Que je reste confiant dans la
capacité de nos collègues de mathématiques à présenter les notions de la meilleure
façon possible compte tenu des programmes et des horaires choisis, mais que ce
n’est pas une raison de ne leur donner que de « missions impossibles ». Arrivera-t-on un jour à parler de l’enseignement des mathématiques de façon décomplexée ?