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Morpheus 4 novembre 2012 17:56
Morpheus

@ machiavel1983

Cela ne résout pas le problème. Si je vote pour, en dépit des propositions auxquelles je n’adhère pas, le candidat peut considérer que je vote pour l’ensemble, sans distinction. Si je vote contre, le candidat peut considérer que je suis opposé à toutes ses propositions, alors que certaines peuvent me sembler appropriées. Et si je vote blanc, tous les candidats ont à considérer qu’aucunes de leurs propositions ne me conviennent. Il y a une grande marge d’interprétations possibles, qui ne rendent pas mon vote clair. En outre, il est possible (et même probable) que certaines propositions contenue dans un programme A retiennent ma faveur, et que d’autres propositions dans un programme B retiennent également ma faveur. Qu’est-ce que je fais ?

Donc, ce que je dis, c’est que les programmes politiques, quels qu’ils soient, sont des pièges à électeurs, qu’ils sont antidémocratiques, et qu’il serait juste de les interdire. Le problème est qu’interdire le principe même du programme politique, c’est court-circuiter le principe même de l’élection... Moi, cela ne me gène pas, je suis contre le principe électif (en cela, je suis peut-être plus radical que vous).

En outre, je ferai remarquer que vos propres objections (auxquelles j’ai souscris) montrent un autre aspect du piège des programmes électoraux, en particulier lorsqu’il s’agit du programme d’un membre de l’exécutif (en France, le chef de l’exécutif, c’est-à-dire le Président) : ce n’est pas à l’exécutif de décider du programme des projets de loi du législatif (ce serait une confusion des pouvoirs - et c’est ce qui se pratique précisément en France).

Il n’est en effet pas du tout sûr que dans le chef de la plupart des électeurs, ceux-ci fassent la différence entre un candidat à un poste exécutif et un candidat à un poste législatif. Or, comme vous le faites remarquer, le mandat impératif ne peut s’appliquer qu’à l’exécutif, non au législatif, donc, en France, il ne pourrait s’appliquer, dans les institutions actuelles, qu’au Président (élu) et au gouvernement - c’est-à-dire les ministres (nommé par le Président).

S’il y avait mandat impératif et révocabilité du Président, cela entraînerait immanquablement une instabilité du pays, qui serait certainement exploitée pour imposer une tyrannie plus implacable que l’actuelle dictature du « Président Normal »... C’est pourquoi il me semble évident que réformer les institutions française nécessite une remise en cause de l’ensemble du système.

Cordialement,
Morpheus



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