
Je ne crois pas une seconde, Ulrich, au « retour (du) religieux ». D’abord parce que le religieux depuis toujours est d’emblée « retour » ; ensuite à cause de ce que Derrida a si bien pointé du conflit entre le credo classique et le nouveau credo techno-médiatique (« merci d’être fidèles à notre antenne »). Enfin parce que la crispation identitaire n’étant jamais Culture - en Liberté, en Création justement, en Risque... - elle ne peut passer le cap de la génération qui la porte ; c’est en gros comme un très mauvais virus qui demeure stérile au point d’être incapable de voyager dans le temps, une ombre... Les textes, splendides, auront tôt fait de traverser ces caricatures d’un instant ; je tiens par exemple l’actuel islamisme de surface pour le seul placenta dérivé des révolutions arabes, en attendant le gosse... qui est encore devant sa coiffeuse pour Barbie, sur Facebook - mais il ne tardera pas.