@ Éric
S’il existe bien une forme de hiérarchie au sein de la cellule familiale, celle-ci ne devrait pas constituer le modèle ultime de l’organisation sociale. Pourquoi ?
Dans le modèle familiale, l’autorité parentale répond à plusieurs nécessités : les enfants dépendent, au moins jusqu’à un certain âge, de leurs parents pour leur subsistance et leur développement ; les parents doivent assurer l’apprentissage à l’autonomie des enfants, tout en veillant à leur sécurité (double contrainte). En cela, l’autorité est légitime et utile, jusqu’à un certain point, car elle représente une responsabilité.
Mais le but et le rôle des parents est de permettre, aussi efficacement et aussi rapidement que possible, que leurs enfants soient autonomes. Un adulte est censé être autonome. Il ne dépend donc plus d’une autorité, puisqu’il n’est plus un enfant. S’il continue de dépendre d’une autorité à l’âge adulte, c’est qu’il n’est pas autonome, et il perpétue dès lors, soit un état « enfant » s’il est soumis à l’autorité, soit un état « parent » s’il représente l’autorité : dans ces deux cas, il ne manifeste pas son autonomie d’adulte.
Par conséquent, toute logique hiérarchique au sein de la société nuit par nature à la responsabilisation et à l’émancipation des adultes, en ruinant son autonomie et en l’aliénant à une autorité illégitime. Considérer que des adultes ont besoins d’une autorité pour veiller sur eux, c’est les considérer comme des enfants attardés. C’est une attitude typique de parents toxiques, manipulateurs et souvent pervers.
Au sein des peuples premiers, les structures sociales ne sont jamais hiérarchiques, et il s’instaure toujours une structure égalitaire, une répartition horizontale des responsabilités et du pouvoir. On constate aussi que le passage entre l’enfance et l’adulte se fait sans transition : il n’y a pas d’adolescence chez les peuples premiers (donc pas de crise d’adolescence, qui correspond en fait à une révolte contre l’abus de pouvoir et d’autorité des parents sur des enfants qui ne sont plus des enfants, mais de jeunes adultes).
Voilà pourquoi je réfute l’idée même de la structure hiérarchique au sein des structures sociales.
Cordialement,
Morpheus