C’est exact le 24 septembre 2012, l’Assemblée nationale constituante a retiré de
l’article cette notion de « complémentarité » pour réintroduire celle de « l’égalité ». Les signaux envoyés par le pouvoir restent néanmoins contradictoires.
Le positionnement ambivalent du gouvernement tunisien a été constaté dans l’affaire du viol commis
sur une jeune femme de 27 ans par des policiers dans la nuit du 3 au 4
septembre 2012 dans la banlieue nord de Tunis qui a ravivé toutes les
inquiétudes quant à une évolution politique dommageable pour les droits
des femmes tunisiennes. En effet, le 26 septembre 2012, la jeune femme
violée a été convoquée par un juge d’instruction pour "atteinte à la
pudeur« car elle aurait été trouvée par les policiers dans une
»position immorale" dans la voiture avec son petit ami. Elle passait
alors du statut de victime à celui d’accusée. Le chef du Gouvernement Hamadi Jebali a condamné ce
viol le 2 octobre 2012 et le Président Marzouki a présenté à la jeune
femme violée les « excuses de l’État » le 4 octobre 2012.
Le 29 novembre sont avocat Me Emma Zahrouni a déclaré que "la jeune femme et son fiancé ont
bénéficié d’un non-lieu".
Or nous avons appris ce matin que le ministère public avait fait
appel du non-lieu, a déclaré l’avocate de la victime Me Bochra Belhaj
Hmida.
La jeune femme violée risque toujours aujourd’hui d’être inculpée pour atteinte à la pudeur.