Bel article.
Je suis allé voir Skyfall et je dois reconnaitre que j’en
suis sorti avec un sentiment mitigé. D’abord la plaisante surprise d’une
épuration des gadgets et d’un énième sauvetage du monde aux proies d’un super-méchant
aux vues apocalyptiques. Il y’a bien un super-méchant : oui… c’est
d’ailleurs étonnant d’avoir un super-méchant capable d’être le plus grand
pirate informaticien du monde, tout en étant un agent de terrain d’élite. Au
MI6, ils sont moins forts sur ce point, ils sont obligés de composer avec deux
profils, le jeune Q et …. l’expérimenté Bond, pour lui tenir tête. Je passerai
d’ailleurs sur la « morale lancinante » du film opposant anciens aux
plus jeunes. Je ne sais pas si cela se voulait humoristique ou si c’était plus
prétentieux que cela ?
Revenons au film… et à l’impression qu’il laisse. Et là, je
me suis demandé… « mais c’est quoi exactement l’histoire ? ».
Celle d’un génie qui se révolte contre son employeur qui l’a abandonné pour une
quelconque profit et qui finalement échoue (encore que, il a atteint son
objectif) sur son hôtel de vengeance. Seulement contré in extrémis par un Bond
faillible… gagnant plus grâce à l’énergie du désespoir que grâce à ses propres
capacités quelques peu mises à mal.
Tout ça pour ça ? Une bête
histoire d’amour/haine/vengeance entre 3 protagonistes (M, le super-méchant et
Bond).
Qu’est ce qu’il y’a de notable dans ce film
finalement ? Le discours sensé être galvanisant de M devant la commission
des ministres ? pourtant, il tombe bien à plat…. Son joli discours sur le
« monde sur »… voulu, semble t il, par tous et qui se bat contre
l’ombre (sensé représenter le mal et la
folie). Comme le dit l’auteur, l’ombre… elle ne parait pas très crédible dans
ce psychopathe aux super-moyens. Je la voie bien mieux dans ce monde opaque de
Hong-Kong… dans cette démesure… ce monde froid de gratte-ciels, de milliardaires
capables de tout… ou de service secrets aux mêmes moyens, capable de tout,
tirer sur leur propres agents ou les vendre pour atteindre leurs objectifs.
Car notre bon Bond ne sauve personne dans ce film… si ce n’est
M, la chef de son ordre. Pour cela, aucune course poursuite au milieu de la
population, aucun dommage collatéral, aucun risque ou meurtre ne le ralenti.
Finalement, le MI6 ne se bat que pour ses propres intérêts, qui restent bien
opaques dans la trame.
Finalement, je me demande si je ne préférais pas quand Bond
sauvait le monde…