Bonjour Morpheus,
Excellente réflexion qui ne me surprend guère
compte tenu de nos précédents échanges sur un sujet qui nous tient
apparemment communément à cœur. Mais l’éveil des consciences qui passe
par « le déconditionnement et la modification de l’environnement socioculturel »
ne me semble pas possible sans la levée du déni qui gravite autour de
cette problématique que nous avions évoqué ensemble (je souhaiterais
bien pouvoir trouver d’autres moyens, juste, par précaution, de ne pas
mettre tous les œufs dans le même panier, mais malgré de vifs échanges
sur le sujet, personne n’a été pour l’heure en mesure de m’apporter
d’autre solution).
Toutefois, le déni et la méconnaissance qui
entoure ce sujet est une véritable chape de plomb posée sur notre libre
arbitre et notre capacité de discernement. La soumission à l’autorité
est importante à connaître pour comprendre comment nous pouvons tous
être manipulable, mais ce n’est qu’une pièce du puzzle ((petite qui plus
est) qui nous permet de comprendre comment nos processus décisionnels
peuvent être affectés par la manipulation. Il existe d’autres moyens
connexes qui concourent à inhiber notre raison pour domestiquer nos
esprits et les rendre serviles. Si l’expérience de MILGRAM décrit bien
l’une des conséquences de la soumission à l’autorité, elle est loin
d’expliquer la déclaration de Stanley MILGRAM telle que citée dans cet
article : "Dans l’ensemble, ce qui m’a le plus surpris, c’est de constater le
peu de corrélation entre les comportements observés en laboratoire et
les individus eux-mêmes. Je suis certain que l’obéissance et la
désobéissance ont pour origine un aspect complexe de la personnalité.
Mais je sais que nous ne l’avons pas encore trouvé.«
Or, cet aspect »complexe de la personnalité"
a remarquablement été étudié par les thérapeutes palo-altistes (elle a
aussi été étudiée dans d’autres traditions culturelles, mais j’écourte
un peu pour ne pas faire un « roman ») et certains psychanalystes tels que
Harold SEARLES, Paul-Claude RACAMIER (le premier en France), Didier
ANZIEU et René ROUSSILLON. Depuis, leurs théorisations ont gagné de
nombreux domaines dont celui notamment du management pour résoudre les
conflits dans les entreprises et les institutions à tel point qu’avec le
développement récent des recherches sur les RPS (risques psychosociaux)
au travail, ces découvertes font l’objet de plus en plus de
publication, mais leurs connaissances restent encore trop parcellaires
et cloisonnées pour que nous prenions la mesure de leurs nuisances sur
l’esprit humain.
Oui ! Effectivement, « y’a du boulot » ou comme je le disais dans un des mes articles : « c’est tout un programme » !
Cordialement,
P. S. :
A ma connaissance, des auteurs cités (et bien d’autres encore) le seul à être allé aussi loin dans la théorisation de « l’être humain [...] répondant à une programmation élémentaire : survivre et s’adapter » au niveau de l’inconscient est Paul-Claude RACAMIER et son concept de « défense de survivance »
(qu’il n’a pas eu le temps d’exploiter jusqu’au bout et qu’il
conviendrait de développer). Le souci résidant ici encore dans le
cloisonnement de toutes les sciences qui ne permet pas d’établir les
liens interdisciplinaires nécessaires à cette compréhension de l’humain.