@l’auteur,
André Santini est-il un bon maire ? Sans doute, et une majorité des habitants d’Issy-les-Moulineaux en est certainement très satisfait. Pour autant, faut-il ne pas critiquer le ralliement de Mr Santini à Nicolas Sarkozy ? Permettez-moi de diverger.
La candidature de Mr Bayrou à l’élection présidentielle n’est pas nouvelle, ni son positionnement vis à vis de l’UMP. Mr Santini s’est-il opposé à une candidature d’un représentant de l’UDF à l’élection présidentielle ? pas que je sache. Aurait-il préféré un autre candidat ? Pas que je sache. Peut-on raisonnablement appeler à voter pour un candidat opposé au candidat de son propre parti au premier tour d’une élection, alors que l’on ne s’est jamais exprimé contre cette candidature ? Voilà qui me parait fort peu acceptable. Donc, le positionnement de Mr Santini en faveur de Mr Sarkozy n’est pas un positionnement idéologique, sans quoi il eut fait part de son désaccord bien avant, et sans doute proposé une motion aux adhérents de l’UDF pour ne pas présenter de candidat à cette élection.
Mr Santini aurait-il peur de représailles de la part de Mr Sarkozy ? Certes, tous les élus UDF subissent des pressions « amicales » de la part de l’UMP pour ne pas se présenter contre les candidats UMP et soutenir Sarkozy, faute de quoi ils sont régulièrement menacés d’extinction politique, et ce dans les Hauts-de-Seine plus qu’ailleurs. Mais André Santini est l’un des rares élus de ce département à ne rien avoir à craindre. Sa popularité est telle qu’aucun candidat UMP n’aurait de chance de le battre, que ce soit aux élections législatives ou municipales.
Restent donc deux solutions : Mr Santini est l’objet de pressions non-politiques (« si tu ne soutiens pas N. Sarkozy, nous révélons telle ou telle affaire génante et tu seras poursuivi en justice si Nicolas gagne... »), ou on lui a offert un poste et des responsabilités alléchantes (j’avais ainsi mentionné il y a quelques temps une proposition de prendre la présidence du Conseil Général en cas de victoire de Sarkozy).
Quelque soit la réalité, il s’agit là de pratiques innacceptables, même si elles sont hélas courantes dans ce département. Nous ne parlons plus ici de politique mais d’éthique. Or, ce que de très nombreux électeurs ne supportent plus, et ce que combat aussi François Bayrou, c’est ce genre de conduite où l’idéal passe toujours après.
Nicolas Sarkozy se voulait le chantre de la rupture, mais il reprend à son compte et applique avec célérité les mêmes méthodes que ses prédécesseurs du RPR, et ne conçoit la politique qu’en s’appropriant tous les rouages et institutions publiques d’un département comme d’un pays.
C’est ce type de pratique dont souffre le pays, qui conduit à mettre toujours en place des amis à sa botte plutôt que des personnes compétentes, et à conduire des politiques au profit de catégories de français plutôt que dans l’intérêt général. Ceci est tout autant valable pour l’UMP que pour le PS, mais cela n’excuse en rien l’attitude de Mr Santini.