Pour dire cela, il ne faut pas connaître grand chose à l’Amérique Latine.
Juste pour l’anecdote, je me permettrais de citer Alain Krivine : « Le seul chef d’état à qui j’ai pu dire »camarade« ». Alain Krivine, troskyste, LCR avant d’être NPA.
Mais parlons sérieusement. Hugo Chavez était catholique, certes. Mais en Amérique Latine, le catholicisme peut prendre un visage très différent de celui de Rome, de Benoit XVI comme de François. Je parle bien sûr de la « théologie de la libération », c’est à dire de ces prêtres et théologiens catholiques très fortement inspirés par les idées marxistes et dont en leur temps, nombre d’entre eux se sont concrètement engagés aux côtés des guérillas marxistes contre les dictatures.
Hugo Chavez était un militaire, certes. Mais quand un militaire applique concrètement ce couplet de l’Internationale « S’ils s’obstinnent, ces cannibales, à vouloir faire de nous des héros, ils sauront bientôt que nos balles, sont pour nos propres généraux » (je fais bien sûr allusion à la tentative de coup d’état de 1992).
Nationaliste Chavez ? Là, c’est juste un mensonge gros comme un camion. Le projet de Chavez, c’est le rêve de Bollivar, une seule nation pour tout le sous-continent Sud-Américain. Il a d’ailleurs été un des moteurs de l’intégration régionale.
Maintenant, ce qui m’interresse, ce sont les résultats concrets. Un mec qui réduit de 50% la pauvreté dans son pays en nationalisant les ressources naturelles, qui dit que son objectif c’est d’en finir avec le capitalisme, oui, ça m’interresse.
Et quand ce mec est l’inventeur du concept repris depuis par le Front de Gauche de « révolution citoyenne », oui, ça m’interresse.
Quand ce mec dit qu’on peut faire exactement l’inverse de l’UE, c’est à dire une union entre les pays non pas sur la base de la concurrence libre et non faussé, mais de l’échange au mieux des intérêts de chacun et surtout de celui qui en a le plus besoin, oui, ça m’interresse.
On pourrait continuer longtemps l’inventaire à la prévert, mais ça serait un article à soit tout seul. Je m’en arrête là.