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Jonas 20 mars 2013 08:08

Quelques précisions sur le Liban.


Il faut rappeler que 50% des Etats d’aujourd’hui au Proche et Moyen-Orient n’existaient pas avant l’éclatement de l’empire ottoman.

La France pressée par les représentants de la communauté maronite, détache de l’ancienne Syrie un Grand-Liban qui rassemble le mont Liban mais aussi la vallée de la Bekaa et le littoral. Dans ces limites, les chrétiens ont l’avantage d’être majoritaire ( Ils ne sont plus depuis 1975 du fait de l’émigration et d’une faible natalité par rapport aux musulmans)

C’est bien la France qui a institué aux côtés du gouvernement un Conseil consultatif où elle fait en sorte que soient représentées les 17 communautés religieuses identifiées dans le pays, des chrétiens maronites aux juifs ( les juifs étaient 6 000 , ils ne sont plus que 10 où 20 ) en passant par les musulmans sunnites ou chiites, les chrétiens jacobites, les Druzes , les Arméniens, les grecs orthodoxes etc. C’est une forme de communautarisme original qui se met en place.

Pour les Libanais comme pour les autres habitants du Moyen-Orient, l’appartenance religieuse est moins une affaire de croyance qu’une affaire d’identité : chacun se rattache à une communauté caractérisée par son endogamie (on se marie à l’intérieur du groupe) , ses rituels et ses coutumes mais aussi se règles de droits ( héritage, mariage, divorce ...) et ses tribunaux : autant de traits qui imprègnent les êtres dès leur tendre enfance et dont on se détache avec difficulté.

Selon le texte constitutionnel ( inspiré des lois constitutionnelles françaises de 1875, avec une grande différence : la reconnaissance des communautés religieuses et le partage des pouvoir entre elles, en fonction de leur importance démographique). Selon ce texte en vigueur encore aujourd’hui ,les députés sont élus sur une base à la fois territoriale et communautariste. Leur répartition est fixée sur la base du recensement de 1932 ( les libanais n’en ont pas organisé d’autre depuis lors pour ne pas remettre en cause le « communautarisme politique ».

 Il est convenu de façon non écrite , que la présidence de la République revienne à un maronite et le poste de Premier ministre à un musulman sunnite. Aujourd’hui bien évidemment les communautés les plus importantes seraient, dans l’ordre , les musulmans chiites, les musulmans sunnites, les chrétiens maronites , les Druzes, les grecs-orthodoxes, les grecs-catholiques etc. Les chiites tendent à devenir le groupe prédominant, Les chrétiens sont en voie de marginalisation comme dans tous le reste du Moyen-Orient. Quant aux juifs , ils ont presque disparu des pays arabes.

La Syrie qui considère le Liban comme son "Alsace-Lorraine, ne se résigne pas à la scission de 1920. Pour cette raison , elle avait toujours refusé d’ouvrir une ambassade à Beyrrouth. Elle a consenti récemment de le faire avec beaucoup de réticences et une arrière pensée politique.

L’issue du conflit syrien ne manquera pas de jouer sur la politique et la vie intérieure du Liban.

Le Liban, montre que cette région n’est ni une grande Suisse ni une Scandinavie. Les religions, les ethnies, les tribus, les clans familiaux etc jouent un grand rôle dans la vie quotidienne.

Il faut regarder cette région telle qu’elle est , et non telle que les occidentaux voudraient qu’elle soit. La démocratie et la laïcité sont des concepts véhiculés par une petite minorité occidentalisée et inaudible .






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