Il y a quelques années j’ai rencontré une femme divorcée qui, de son union, à eu une fille. Une fois le jugement prononcé, elle a obtenu la garde de sa fille. Jusque là rien de très anormal me direz-vous. Si ce n’est qu’elle a souhaité le divorce parce qu’elle s’était découvert une orientation sexuelle différente. En soi, si ce n’est le désarroi qu’à du éprouver son ex-mari, c’est son droit le plus strict. Je conçois qu’il ne saute pas au yeux de chacun(e) que nous ne sommes pas obligatoirement hétéro, et que ceci peut se déclarer tardivement dans une vie. Ce que je comprends moins c’est que la justice ait décidé de confier la garde de la fille au couple homosexuel, alors que le père, lui, a refait sa vie de manière plus conventionnelle. Bref, c’est une décision de justice et je ne connais pas l’histoire de ce monsieur (sans doute avait-il des tords au moment des faits). Néanmoins une chose m’a frappé dans cette famille recomposée : la jeune fille (elle était adolescente quand je l’ai vue - pas plus de 12 ou 13 ans) m’a parue terriblement triste de voir sa mère avec une autre femme. Je devrai plutôt même dire que je n’ai jamais vu une ado aussi perturbée et paumée. Je ne me base pas sur une seule impression. J’ai pu la voir à plusieurs reprises et, à chaque fois, elle semblait plus sombre que la dernière. Jamais un sourire, parlant très peu, visiblement devenue asociale. Alors, me direz-vous, il ne faut pas faire d’un cas une généralité. Certes, mais avouez tout de même qu’on peut difficilement admettre qu’il est sain pour un enfant d’évoluer dans une famille monoparentale. En ce qui me concerne j’ai de sérieux doutes à ce sujet. En l’état il me faudrait rencontrer une famille similaire dont l’enfant serait visiblement épanoui pour croire qu’un tel contexte familial puisse ne pas avoir d’influence négative sur l’enfant. Dans l’attente de ce jour, je suis dans l’immédiat contre l’adoption pour les gays.
Toutefois le mariage pour tous ne me dérange pas en soi. Je considère en effet que le mariage devant l’Eglise est avant tout un acte de foi chrétienne, avec la morale afférente à cette doctrine religieuse (ce qui vaut également pour toutes les religions qui pratiquent le mariage hétérosexuel) et qui, en principe, s’accomplit par amour pour l’autre. Quant au mariage devant l’Etat, c’est avant tout ce que j’appellerai un « acte d’abattement fiscal ». Car après tout, quel intérêt aurait un couple à faire reconnaître son union devant l’état civil - le fit-il par amour - sinon à payer moins d’impôts ? Sachant qu’en cas de séparation cela peut se payer très cher (et faire le jeu des avocats)... De fait, n’étant ni religieux, ni affilié à un cabinet d’avocats, le mariage est un acte que je n’accomplirai vraisemblablement jamais. Pourtant je respecte le choix de chacun de le faire ou non, même si, au vu du nombre de divorces sans cesse croissant, on peut raisonnablement penser que pour beaucoup il s’est agit d’un acte d’amour inconsidéré, dicté par une morale et une normalité généralisée, ainsi que par l’immaturité, l’insouciance, la naïveté et les bons sentiments de la jeunesse (pour les couples se mariant beaucoup plus tard, l’acte est souvent dicté par la fiscalité plus que par l’amour... Et j’en connais de bons exemples proches de moi).
Bref, que les gays ou les hétéros se marient, peu m’importe. J’ajouterai seulement que je comprends difficilement en quoi un couple homosexuel peut désirer se marier alors que le PACS existe civilement, et constitue une reconnaissance étatique de l’union de deux personnes (du même sexe ou non). Est-ce à considérer que le mariage n’est qu’un moyen d’obtenir le droit à l’adoption ? Il semblerait bien que ce soit le cas.
Donc, pour conclure, si a priori le mariage pour tous ne me pose pas de problèmes, ce qui en découle me gêne davantage (et je ne parle pas des éventuelles dérives pédophiles que cela peut engendrer - c’est un autre débat selon moi). Quoi qu’il en soit, voilà un sujet qui attise les passions et, comme beaucoup, je pense que le gouvernement ferait mieux de traiter des sujets autrement plus alarmants (la dette, le chômage, l’euro, l’Europe, etc), au lieu de diviser le pays sur un sujet qui ne concerne qu’une infime minorité.
ps : je me rends compte que je n’ai pas dit un mot sur ce que je pensais de Frigide Barjot et de Gilbert Collard. Très honnêtement j’ignore quels sont les rapports qu’entretiennent ces deux personnes hors caméras, mais il me semble que des individus peuvent être issus d’un mouvement politique différent et parfois tomber d’accord sur un sujet. Je ne vois donc pas d’un mauvais oeil qu’ils puissent l’afficher publiquement, sauf à vouloir encore une fois diaboliser le Front National (et pourtant je n’ai pas d’affinités particulières avec ce parti, même si je lui reconnais certaines bonnes idées). Nous vivons dans un monde où personne n’est ni tout blanc ni tout noir. Je comprends mal ce besoin de salir l’image des gens dès lors qu’ils ne pensent pas comme vous. Je dois certainement être encore bien naïf...
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