Notre civilisation du progrès a choisi de payer les effets
collatéraux de ce progrès, pour ne citer que les accidents de la route, tout en
cherchant à les minimiser. C’est un fait incontestable. Faire pleurer dans les
chaumières sur les « sacrifiés » du progrès peut simplement être
utile pour inciter à plus de prudence (principe de précaution) dans les
démarches technico-scientifiques et à propos des conséquences négatives de ces
démarches. Mais cela ne permettra pas de supprimer ces « sacrifiés » dont
certains sont considérés comme les héros de notre civilisation. Ceci est
profondément ancré dans l’esprit occidental, par exemple dans l’esprit des
astronautes dont certains avaient en gros une chance sur deux de survivre à leur
mission : ils y sont allés, malgré tout. Une fois admis cela, tout est
question de mesure. L’argent joue sans doute un rôle excessif dans le choix des
traitements, mais la passion des chercheurs et des médecins sont des
contrepoids non négligeables. Et puis le citoyen est encore libre de prendre
conseil auprès de plusieurs médecins quand sa vie est en jeu : c’est ce
que je recommande de faire à mes proches. Evitons les caricatures.