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Éric Guéguen 16 août 2013 22:20
Éric Guéguen

Me voilà :

1. Je fais l’économie des Tables de la Loi parce que chacun sait reconnaître, en matière sportive, le talent là où il se trouve, ce n’est pas une question de point de vue : l’homme qui court le plus vite n’est pas une vue de l’esprit. Ne pas le reconnaître, c’est être de mauvaise foi... cela dit, c’est tout à fait permis... d’être de mauvaise foi ! Restons libéraux !

2. Je dirais qu’un handicapé (et notez bien que je n’ai pas rédigé tout un paragraphe là-dessus non plus) s’épanouit (pour certains c’est un fait, même si nous pouvons en douter devant nos écrans) plus qu’il ne se réalise, du fait que le handicap ampute sa capacité à se réaliser pleinement. Figurez-vous que j’en ai parlé récemment avec un internaute à qui je fais lire ma prose, qui m’a dit lui aussi combien il trouvait grotesque le handisport. Disons que ce n’est pas véritablement du sport, mais on ne peut pas nier le mérite de ces personnes il me semble. Le mérite est purement du côté de l’acquis, de la volonté, pas de la nature. Ce qui leur manque en nature, ils le « compensent » d’une certaine manière en volonté.
Mais je suis d’accord pour dire, par exemple, que deux personnes en fauteuil roulant qui se renvoient une balle avec des raquettes au-dessus d’un filet ne pratiquent déjà plus véritablement du tennis.
En définitive, et même si je ne fais que l’évoquer, je crois que je vais enlever le terme « handicap » de mon texte. Celui-ci, de toutes façons, est un texte politique avant d’être un texte sur le sport, donc non exhaustif du point de vue du sport, forcément.
Pour les femmes, en revanche, je ne suis pas d’accord. Le sport féminin ne m’intéresse pas non plus, mais il est totalement légitime à mes yeux.

3.Vous avez parfaitement raison de dire qu’en sport, les règles sont en quelque sorte des tables de la loi. Ce que je veux dire, pour ma part, c’est que les juges - c’est-à-dire le public profane - n’ont pas besoin de se référer constamment à ce que disent des textes pour plébisciter le talent. Les règles sont juste un cadre général, pas une conformité au cas par cas à un modèle-type auquel on aimerait voir chacun se conformer... comme en politique !
Je dois dire également que ce que j’ai voulu faire, en fin de compte, c’est mettre au jour LE dernier domaine, le seul où le nombre puisse encore rencontrer et plébisciter l’excellence. Je précise à la fin du texte que, bien sûr, on ne rend pas compte d’un talent intellectuel ou d’une vertu morale comme on rend compte d’une capacité physique, mais à partir du moment où l’on a conscience de différences psychophysiologiques entre les êtres, il n’y a pas de raisons pour que celles-ci s’en tiennent à des caractéristiques physiques. Après tout, le substrat de l’intellect est lui aussi physique !
Mais plutôt que de nier ces différences sous prétexte que l’on ne peut pas en rendre compte aussi bien que d’autres plus manifestes, je dis : soyons conscients qu’elles existent et qu’il faut les prendre en compte un minimum, c’est-à-dire, entre autres, cesser de miser sur le relativisme en politique et trouver des alternatives. La suite dans mes trois prochains (et derniers) chapitres (j’en suis à 13 pour l’instant).



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