1°] Adhérent, militant et même élu au PCF, j’ai milité autant que j’ai pu à mon modeste niveau pour des listes autonomes du PS. Je n’ai malheureusement pas eu gains de cause dans ma ville.
2°] Il faut avoir conscience que le « communisme municipal » est une notion très ancrée au PCF. Et malgré la tradition de « centralisme démocratique » de ce parti, lorsqu’il s’agit des élections municipales, chaque section locale dispose en pratique d’une très large autonomie.
En clair, la Place du Colonel Fabien n’a aucun pouvoir d’imposer une ligne nationale à ses municipalités.
3°] Même si le « grand public » raisonne sur la ligne du PCF en considérant en premier lieu l’immense majorité des villes où le PCF est minoritaire dans une ville PS, voir dans une ville UMP, le PCF raisonne lui en premier lieu en considérant les villes où il est majoritaire avec une minorité PS. Ca change considérablement le point de vue...
A partir de ça, que faut-il en penser ?
D’abord, Jean-Luc Mélenchon a raison de dénoncer un message brouillé du PCF, dont la communication est inaudible, incompréhensible pour le grand public, ce qui met en danger non seulement le PCF mais également l’ensemble du Front de Gauche. En ayant co-fondé le Front de Gauche et en y étant ultra-majoritaire, le PCF a une responsabilité vis à vis du Front de Gauche qu’il ne peut pas ignorer.
Ensuite, sur la ligne du PCF, ne confondons pas les cas des villes avec un maire PCF des villes avec un maire PS ou un maire UMP. Malheureusement, la communciation nationale du PCF ne fait pas la différence...
Dans une ville avec un maire PCF, où le programme est élaboré par le PCF sur une logique de refus de l’austérité, c’est au PS de dire s’il rejoint la liste ou non. Ce n’est pas au PCF de refuser sur sa liste et son programme ceux qui acceptent de s’y reconnaître. En ce sens, le PCF est en droit de revendiquer, dans les villes où il a un maire, l’Union de la Gauche sur la base du refus de l’austérité. Au PS de l’accepter ou de la refuser. Pour la petite histoire, dans ma ville, le PS est en passe d’accepter de venir sur la liste du PCF, alors que nous nous exprimons clairement contre l’austérité, contre l’acte III de la décentralisation, contre la réforme des rythmes scolaires ... S’ils acceptent d’avaler des couleuvres, on va pas leur interdire, non ?
Hors mine de rien, si cette situation paraît minoritaire au grand public, elle concerne la majorité des élus et des adhérents du PCF (la majorité des adhérants du PCF se trouvent dans ses « bastions », les dernières villes PCF et non pas également répartis sur le territoire). Comprenez donc que cette question soit primordiale, autant pour les élus que pour les adhérants.
Dans les villes où le PS est la principale force de gauche et où c’est lui qui fera le programme, la question se pose bien évidemment différement. Dans ces villes, je souscris à l’analyse du blog et il faut une stratégie d’autonomie.
Je mettrais un bémol sur les villes à majorité UMP où le PCF voir le FdG n’est pas en mesure de faire plus de 5% à lui seul et donc de pouvoir fusionner au second tour. Faut-il partir autonome par principe et pour conséquence pratique de n’avoir donc aucun élu, et donc aucun droit de regard, aucune information, aucun droit de prise de parole sur la politque municipale ? Avant de se priver d’un tel levier d’action politique, je comprends que des camarades y regardent à deux fois.
Mais bien sûr, tous ses beaux raisonnements ne concernent ni Paris, ni Marseille, ni Toulouse, ni Nantes, ni Evry. Villes symboles où une stratégie autonome serait nécessaire, indispensable à la lisibilité du Front de Gauche.
Le message du PCF est officiellement « Liste d’union de la gauche sur la base du refus de l’austérité » ; ce qui devrait impliquer « liste d’union de la gauche dans les villes PCF, listes autonomes dans les villes PS » ; malheureusement, si on veut des listes d’unions de la gauche dans les villes PCF, il faut rendre la pareil au PS, ce qui brouille le message (Même si le PS ne fait d’ailleurs pas en Seine St Denis)
Bref un beau bordel, ou Pierre Laurent maintien l’ambiguité alors qu’il suffirait de décreter des listes autonomes dans les grandes villes symboles pour clarifier le message, en laissant la réalité locale prendre le pas dans les autres villes.
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