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bakerstreet 30 novembre 2013 13:36
bakerstreet

Bonjour Alinea


Si la mort est révoltante,on peut toujours l’apprivoiser, un tant soi peu !

Peut être que nous sommes beaucoup moins armés que les générations précédentes, à l’affronter, celle ci étant exclu du champ de la réprésentation et des possibles.
 
En bretagne, la culture de la mort était partout, l’ankou ne faisait pas que de trainer, il emportait à pleins chariots.
Les représentations artistiques sont foison, un peu comme dans la culture espagnole, dans la représentation des calvaires, églises, tableaux et ex voto. On sort la mort en plein soleil, on la proclame, on l’expose aux cotés des enfants, on la fait accoucher des jeunes mères !

La douleur est indiscible , mais toujours en relation avec la communauté, et soulagée par la religion et la foi.
 Pendant longtemps, la vie n’était que la préparation à ce qui suivait. 

Si la mort était terrible, ce n’était pas seulement par le vide qu’elle laissait, mais par les conséquences
- Disparition du chef de famille, qui pouvait laisser dans le misère toute une famille
- Appréhension mortifère du jugement dernier
C’est cette peur sans nom qui contribuait à de vieux seigneurs, ou marchands, à vouloir tout à coup s’amender, et laissait ainsi leur fortune aux pauvres, à travers des institutions ou des asiles et des ordres. 

En dépit des assurances et des réassurances, notre vie est aussi fragile que celle d’un papillon. Mais quelle serait triste sii nous étions immortels. 
je me souviens du très beau roman de Simone de Beauvoir à ce sujet, que j’ai lui il y a fort longtemps : « Tous les hommes sont mortels... »
Et puis d’Orlando« , de Virginia Wolf, traitant du même sujet

 »En ce temps là, j’étais en mon adolescence
A cent mille lieux des lieux de mon enfance"

Oh, comme l’imparfait des verbes, nous préserve bien mieux que le futur
Pour un peu, on deviendrait nostalgique.



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