« Mais combien de
temps les autres Ritals (j’en suis un à moitié) et compagnie ont -ils mis pour
devenir NOUS. »
C’est toujours du cas par cas. Le
NOUS, c’est celui que rien ne distingue des autres NOUS et à qui, par
conséquent, personne ne demande de quel pays il est originaire.
« Laissez leur le
temps à EUX, les arabes (ce sont eux que vous visez n’est ce pas sans oser
l’écrire) :: »
Faux 
J’ai repris votre
énumération et j’ai ajouté « etc. » parce que vous avez omis les
Chinois, les Indiens, les Arabes, les Berbères et toutes sortes de métis de la
Caraïbe et d’Amérique du Sud, qui tous ont des « têtes d’étrangers ».
« …dont beaucoup ne
vous en déplaise sont devenus NOUS. »
Ils ne peuvent pas. C’est impossible. On est
un EUX quand on a une tête de EUX, c’est-à-dire quand on est perçu, spontanément et a priori, comme un
étranger, d’où ma remarque, sur la perception du trop d’immigrés indépendamment de la
nationalité.
« J’en connais
personnellement tout un tas. »
Vous pourriez leur tatouer un drapeau
bleu-blanc-rouge, la majorité des gens les percevra toujours comme des EUX. Et d’ailleurs que savez-vous de la manière dont eux-mêmes se perçoivent ?
Que fait le professionnel de l’antiracisme Lilian Thuram, quand après la victoire de la France en Coupe du Monde ? il dit : « Venez par ici, les Blacks, on va faire une photo avec la Coupe », c’est-à-dire qu’il pose un NOUS par rapport aux EUX que sont les non « Blacks » de la sélection nationale.
Ce genre de clivages traversent de multiples manières toutes les sociétés et il agit sur les intégristes de l’universalisme républicain comme une gousse d’ail sur nos amis les vampires.
C’est la raison pour laquelle les plus fanatiques parmi les intégristes en sont maintenant à préconiser le « color
blind », le refus de voir la couleur. Y compris celle de l’entonnoir, j’îmagine
Un François Héran, président du Conseil
d’orientation scientifique et pédagogique du pôle universitaire « Sorbonne
Paris Cité »,et enseignant à Sciences-Po, à l’École des hautes études en
sciences sociales et à l’Université de Lund (Suède) – excusez du peu - pense
que « le refus de voir la couleur, alors même qu’elle est visible »
est « une ascèse à construire ». »
Ce qui fait que le « color blind » est à l’ethnicisation,
ce que la théorie du genre est à la sexualisation 