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Roungalashinga 24 février 2014 09:40
Rounga

Des exemples ne sont pas une définition, même s’ils sont concrets. Des exemples sont des applications particulières d’une règle générale. Je veux la définition générale : qu’est-ce que le « particularisme ».
Ensuite, il y a confusion de concepts lorsque tu emploies des formules telles que « dans l’individualisme » ou « dans l’autoritarisme ». On ne peut pas être « dans » l’individualisme ou l’autoritarisme, car ce ne sont pas des régimes, ni même des doctrines précises. On trouvera en effet autant de conceptions de l’individualisme différentes selon qu’on se réfère à Stirner, Nietzsche, Sôseki, Tolstoï, Montaigne, Rousseau, Camus, etc.
En réalité, ces quatre conceptions qui te servent à te faire une grille de lecture des choses révèlent surtout tes propres priorités et conceptions. Elles ne sont pas suffisantes pour une analyse fine du réel, mais produisent une classification rigide de la pensée politique et amènent à un jugement de valeur arbitraire. Ce n’est pas ainsi qu’on pense. La réflexion philosophique consiste d’abord à comprendre intimement les courants de pensée, et à identifier le contexte dans lequel ceux-ci sont nés. En agissant de la sorte, on remarque que les idées ne se classent pas ainsi selon des catégories prédeterminées, mais qu’elles obéissent à une évolution dialectique, dont le mouvement est dépassement. La réflexion par catégorie implique la destruction dans la négation (A et non-A s’excluent), la pensée dialectique conserve en niant (dans non-A, A subsiste car non-A existe justement grâce à sa négation), ce qui permet la synthèse par la négation de la négation (non-A est nié à nouveau, ce qui donne B, dans lequel l’opposition entre A et non-A est dépassée). C’est là tout l’intérêt de la philosophie de Hegel, puis de Marx, et c’est seulement ainsi qu’on peut comprendre la citation de Pascal, qui est un précurseur sur ce point (cf. Lucien Goldmann) : si unité et multitude s’excluent l’une l’autre, ce n’est pas qu’il faut en choisir une parmi les deux, mais qu’il faut les prendre ensemble en parvenant à les réunir dialectiquement par le dépassement des contradictions : à un certain niveau, unité et multitude ne s’opposent plus, et on arrive à une multitude sans confusion, et à une unité sans tyrannie. La posture tragique de Pascal consiste en la perception à la fois de la nécessité de cette synthèse et de sa difficulté. C’est en cela que sa pensée est beaucoup plus féconde pour défendre à la fois la conservation des identités particulières (nationalités, traditions, religions) et l’accès qu’elles donnent à l’universalité ; à la fois la défense de la démocratie et l’affirmation que tout ne se vaut pas ; à la fois la personne individuelle et la collectivité.



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