La Russie devient un pôle d’attraction pour les antimodernistes. Poutine a implanté, à New York et à Paris, des « Instituts de la démocratie et de la coopération » dans le but de promouvoir les valeurs de la Russie contre celles qu’il voit à l’Occident : relativisme, oubli ou mépris du passé, tolérance molle et règne du politiquement correct. C’est la volonté d’être la nouvelle patrie du conservatisme. Mais il y a une opposition forte. Les occidentalistes, tels Tchaadaev ou Hertzen, considèrent que la Russie a vocation à faire partie d’Europe. Par contre les slavophiles promeuvent un génie propre à la Russie fondé sur une vision religieuse du monde, les vertus de son peuple ou les originalités de son organisation sociale. Sakharov, occidentaliste, est un de ces dissidents, et s’oppose à Soljenitsyne, slavophile. Poutine, qu’on croyait plutôt occidentaliste, a désormais choisi son camp. Il se tourne de plus en plus vers la Chine et l’Inde. Il veut aider les russophones de l’Ukraine comme l’Occident a aidé les révolutionnaires du maïdan. La confrontation avec l’Occident risque de se poursuivre et s’aggraver.