@Par Le Gaïagénaire (---.---.---.208) 8 septembre 16:11
Excellents extraits
Actuellement en pleine réflexion sur le lien entre philosophies politiques/idéologiques, société, lien social, et émotions/ sentiments, je retrouve dans ces extraits ce vers quoi je tends au niveau de tout ça comme conclusion.
De façon indirecte on a la même idée avec la théorie de E. Todd sur l’influence des modèles familiaux sur les idéologies. C’est à dire que la culture et donc l’éducation familiale, influence sur la manière de pouvoir penser la société ( l’idéologie ).
je te renvoies à mon message : " Par epicure (---.---.---.107) 7 septembre 18:52 « en dessous pour voir les références et l’explication de certains termes que j’emploie .
SI la société est un système d’interprétation du monde, les idéologies sont des modèles de systèmes d’interprétation du monde, qui au niveau intellectuel ( à l’opposé de l’approche émotionnelle ) peut être décrit comme une vision du monde décrivant la société, la place de l’individu dans la société, les relations entre individus et groupes dans la société etc....
Et donc l’affirmation de Castoriadis, répond à l’un des aspects d’une question que je m’étais posé à une époque : »pourquoi les conflits idéologiques sont si passionnés ?«
Et j’ai découvert que derrière des mots philosophiques élaborés (liberté, égalité, immanence, transcendance, autorité, hiérarchie etc.... ), allaient de pair avec des émotions, grâce à ce que je décris dans mon autre message , des schémas émotionnels basés sur une paire d’émotion principale (celle qui oriente les actions/réactions vis à vis de la société dans le contexte idéologique) et une paire d’émotions interdite ( émotions qui sont excluent des actions /réactions vis à vis de la société dans le contexte idéologique ). J’ai nommé donc ces schéma idéal type ( qui correspond à une posture radicale au niveau idéologique ).
En fait ceci explique le fait que les discours politiques dans les meetings contiennent souvent deux niveaux, un niveau intellectuel qui fait appel à la logique des idées défendues, pour ceux qui ont une éducation et aiment réfléchir , et un niveau émotionnel qui touche tout le monde même quand on est pas une »tronche« , et qui permet en plus d’unir la foule dans l’émotion commune suscitée.
Et en faisant une sorte de jeu de rôle avec chaque schéma (voir avec l’idéal type du dictateur plus bas), j’arrive à la description de quatre comportements qui sont en quelque sorte la mise en pratique des relations définies par les quatre logiques idéologiques que j’avais définies auparavant ( qui ressemblent à ce qu’a définit Todd avec ses modèles familiaux ).
Il y a donc un lien entre pratiques sociales et même politiques, et sentiments.
Et en fait ces quatre idéal type renvoi à des personnages reconnaissables : l’égoïste atomisé, le baba cool »peace and love« , le moine spirituel, et le dictateur ou l’intégriste religieux.
Quatre personnages qui font partie de cultures, idéologies, modes de pensée différents.
Le premier cas est typique de la culture américaine ( les westerns sont plein de ce type de personnage ), et malheureusement c’est en partie vers ça que nous pousse la société consumériste et néolibérale actuellement. Ces deux caractéristiques données par ses émotions principales et interdites sont : la motivation par l’intérêt personnel , et l’absence de possibilité de faire lien social (vertical ou horizontal) avec la société, la relation avec l’autre basée sur l’intérêt ou la crainte.
C’est un schéma encouragé par la culture libérale anglo-saxonne.
Mais en fait avec ce schéma idéal type on ne peut pas faire société, puisque cela produit des indivdus atomisés, séparés de tout lien social, que rien ne rassemble sauf l’intérêt ponctuel.
Pour que cette culture fasse société, il faut créer du lien social dans certaines circonstances, et donc les personens doivent avoir au moins au autre schéma émotionnel, pour créer des espaces de sociabilité, pour former une nation, au lieu d’avoir une société qui se résume en des petits groupes jouant aux chacun pour soi et tous contre tous.
Par exemple dans la société anglaise, il y a toute une culture hiérarchique avec la noblesse, la reine, tout en étant capable d’exprimer cette tendance égoïste/libérale.
Et donc exprimer la culture anglaise doit consister notamment à savoir quel schéma émotionnel exprimer selon la situation.
C’est à dire que selon les situations on ne mettra pas en œuvre les mêmes dialectiques émotionnelles, et l’expression de certains sentiments/émotions ou la génération de ces sentiments/émotions sera proscrite.
Il est préférable d’avoir des relations amoureuses, sympathiques avec sa »petite anglaise« plutôt qu’avec la reine d’Angleterre par exemple, alors qu’avec cette dernière on aura plutôt des relations hiérarchique de soumission. Parce que si la culture force à avoir des relations hiérarchique avec la reine d’Angleterre, il n’est pas question d’avoir une attitude de domination vis à vis d’elle, ce qui est inacceptable pour la culture anglaise.
Plus concret et proche : dans une entreprise, on a pas les mêmes rapports émotionnels entre collègues qui s’entendent bien, et avec le patron, sauf si la culture de l’entreprise dit le contraire.
Donc si de façon imagée on utilise le jeu de carte comme référence, chaque carte émotionnelle, correspondra à un ensemble d’émotions/sentiments autorisés ou interdits spécifique à chaque carte. Chaque culture d’une société peut être décrite comme une main de cartes spécifiques, et la façon de la jouer selon les bonnes circonstances. Jouer la mauvaise carte au mauvais moment pouvant générer un conflit : de la gêne voire du rejet ( dans le pire des cas la mort ), la réaction dépendant de la culture, et de son statut dans la société.
Au niveau personnel, j’en conclu qu’entre l’éducation, et notre expérience émotionnelle personnelle, et dans certains cas de problèmes physiques au niveau du cerveau, on se dessine un schéma émotionnel qui nous est propre, qui va définir notamment notre personnalité, notre façon d’interpréter le monde, et qu’on va jouer avec les »cartes culturelles" en fonction de notre schéma personnel.
Donc oui l’éducation de l’enfant par la famille joue un grand rôle dans le développement de la tolérance, mais aussi bien sûr la culture, puisque certaines cultures ne favorisent pas la tolérance, bien au contraire.
Et on retombe donc sur E. Todd, où la culture appliquée par la famille aux enfants , va modeler la vision et les pratiques de l’enfant dans la société, et donc influencer sa vision idéologique, dont notamment son attitude vis à vis de la tolérance et de l’intolérance.
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