La modification des articles verrouillés de la Constitution (articles
70 et 220) est un scénario apparemment mis en veilleuse depuis la révolte
populaire au Burkina-Faso et le renversement du président Blaise Compaoré.
Kabila et ses proches tablent plutôt sur un glissement du calendrier électoral
au-delà de la limite constitutionnelle de décembre 2016. Ils savent que
lorsqu’un calendrier électoral se met à glisser, il pourrait glisser
indéfiniment, ce que j’ai fait remarquer dans un
de mes précédents articles en citant l’exemple de Mobutu. Pour rappel, le
dernier mandat de Mobutu s’arrêtait en 1991. L’élection présidentielle promise
au 4 décembre 1991 n’eut jamais lieu. Le calendrier avait « glissé » année
après année jusqu’à la guerre de l’AFDL et le renversement de Mobutu le 16 mai
1997. J’ai aussi cité le cas de la Côte d’Ivoire qui fit, elle aussi, les frais
du glissement du calendrier électoral - jusqu’à cinq ans - et la fin brutale de
la présidence de Laurent Gbagbo. Au Congo même, les membres actuels du sénat
sont issus des élections de 2007. Ils devaient se représenter devant les
électeurs en 2012. Leur calendrier électoral continue de « glisser ».