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Pascal L 17 mars 2015 13:42

Il me semble qu’il manque une analyse des méthodes de création monétaire dans votre analyse.

Les économistes néoclassiques continuent de penser que la monnaie est neutre dans l’économie, mais ce n’est plus vrai depuis l’abandon des « monnaies-troc », comme les monnaies basées sur l’or.
L’instabilité économique créé par la monnaie a été théorisé dans les années 80 par Minsky et modélisé dans les années 90 par Keen. Keen n’a pas eu besoin de faire des modélisations complexes pour arriver à modéliser les crises successives de 2000, 2008 et la prochaine… Ce n’est pas difficile, il suffit de surveiller la dérivée de Total Crédit/PIB (la variation de la croissance du ratio). Si ça monte, il faut s’inquiéter.
Steve Keen a par ailleurs montré le lien entre variation du crédit et chômage. Les Etats sont prisonniers d’une augmentation continuelle du crédit s’ils veulent éviter les crises sociales mais le paiement des intérêts finit par les étouffer.

Les économistes néoclassiques, trop accrochés à leur dogmes, sont au contraire obligés de faire de nombreuses contorsions pour faire rentrer la réalité dans les dogmes. Leurs modèles introduisent des éléments circonstanciels qui n’ont pas grand chose à y faire et ces modèles deviennent incompréhensibles.

De mon point de vue, il y a deux faiblesses dans les règles actuelles de création monétaire.
1) la création de la monnaie scripturale est devenu largement majoritaire et se fait exclusivement pas de la dette. On doit pouvoir appuyer cette création sur de la création de richesses (investissement, infrastructures) sans faire de prêt dont le coût financier est exorbitant relativement au cycle de développement (parfois plusieurs dizaines d’années). La création monétaire par le crédit ne crée pas d’inflation, mais la la réduction monétaire qui résulte du paiement des intérêts (ou du remboursement pour éviter les intérêts) crée de la déflation.

2) la création monétaire et faite exclusivement par les banques. La monnaie doit être la propriété des utilisateurs et les représentants légitimement élus sont manifestement les mieux placés pour gérer la monnaie. Qu’il y ait eu des abus à une époque appelle des corrections, mais pas la confiscation. On a argué des coefficients multiplicateurs (voir Bâle III) pour confier les quantitative easings aux banques, mais dans la réalité, cela s’est passé bien différemment. Aux USA les QE n’ont pas atteint leur objectif et une petite partie des QE seulement s’est retrouvé sur les comptes des entreprises et des particuliers. Les banques n’ont pas changé leur méthodes pour faire des prêts et l’investissement n’en n’a pas profité. Les QE auraient été beaucoup efficaces si cet argent avait été mis sur les comptes des entreprises et des particuliers.



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