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Gollum 1er avril 2015 10:38
Gollum

Texte intéressant. Qui montre qu’un vrai scientifique a souvent des aptitudes métaphysiques et philosophiques contrairement aux guignolos « scientistes » ici sur Avox qui viennent souvent pourrir les commentaires..


L’historien des sciences qu’est Arnould n’ignore pas que de rares biologistes ont évoqué Dieu mais ce sont les physiciens qui en parlent le plus, pour des raisons assez évidentes, qui sont le plus souvent esthétiques avec les mathématiques de la nature interprétées comme un signe du divin.

Ben oui. Déjà les Nombres étaient l’expression même de Dieu chez les Pythagoriciens, avec la Géométrie chez Platon.. Idem chez Plotin. On en retrouve des traces dans la tradition juive avec des nombres qui sillonnent les textes, souvent des nombres triangulaires, que ce soit le 666 de Salomon que Jean reprend dans son Apocalypse.. ou les 153 poissons de la pêche miraculeuse de Jean. La Kabbale elle, marie le Verbe et le Nombre par la Guématrie.

Sur la recherche du Tout par les physiciens. Je pense qu’il s’agit d’une utopie. Le physicien est coincé par la rigueur même de sa pensée et des ses démonstrations éventuelles. Or si l’Univers comporte éventuellement des aspects psychiques, spirituels, amoureux, poétiques, artistiques, symboliques, etc… il est bien évident que ces aspects là pourront difficilement se retrouver dans une seule équation de physique aussi subtile soit-elle…

Aussi : Comme le précise Arnould, l’astronome Eddington, piétiste convaincu, s’en remet à la part mystique de l’âme plutôt qu’à l’œuvre de la raison.

Et il a bien raison car tout ce que je viens d’évoquer ne peut être saisi par la raison mais bien par une intuition intellectuelle « globale » qui appréhende le Tout par en haut et non pas par la raison qui est d’en bas. Ceci dit, il faut utiliser au maximum la raison pour en faire un tremplin afin d’accéder à l’Un. C’est du reste ce qu’ont toujours proposé les gnoses de toutes les époques. La Guématrie kabbalistique notamment par la profusion des rapports entre nombres et lettres provoque un état de conscience propre à accéder à cette Unité.

Vous évoquez le colloque de Cordoue et de Cerizy. Je serai assez d’accord avec vous sur le fait que les choses semblent sommeiller en ce moment.. smiley

Quant à moi la meilleure solution me semble du côté d’Abellio, qui a su désocculter les anciennes gnoses antiques dans un langage moderne en mettant en valeur une structure universelle à l’œuvre dans le monde phénoménal.

La différence essentielle quand même entre gnose et sciences c’est que la première est éminemment qualitative alors que les secondes sont quantitatives. Que pour la première étudier les textes ne suffit pas, il y a un saut qualitatif à faire. Alors que pour les secondes, tout se trouve dans les livres. Le seul obstacle étant le niveau intellectuel du prétendant..

Bref, nous sommes dans deux mondes qui ne communiquent guère. 

http://www.ccic-cerisy.asso.fr/abellioTM04.html

Vous verrez ici sur ce lien un chapitre du physicien Basarab NICOLESCU : Raymond Abellio et la conversion de la science.

En conclusion Nicolescu se demande : conversion de la science ou du scientifique ?

Bien évidemment il s’agit du scientifique. La science restera toujours la science de par sa nature même et qui ne peut changer

Quand je lis vos textes j’ai l’impression que vous êtes toujours dans cette utopie, et cette confusion, de vouloir réformer quelque chose qui n’est pas réformable.

Le but de la science est d’expliquer le monde extérieur. Pour la Gnose il n’y a plus de monde extérieur et c’est l’Homme qui doit muter et accéder à une surhumanité, dont Nietzsche avait envisagé la venue.. D’ailleurs Nietzsche avait bien compris que dans cette tâche le savant était à la ramasse

Être un savant suppose une immense érudition dont l’unification peut laisser à désirer. C’est le propre des phénomènes extérieurs de toujours aller vers une pluralité et une diversité qui éloignent de l’Un. Idem pour les techniques, fruits des sciences, éminemment plurielles et efficaces, et donc diaboliques par essence et catastrophiques et destructrices sur le long terme. Alors qu’une Gnose traditionnelle recherche toujours l’Un, parce qu’elle a postulé l’Un dès le départ.. 

Alors que le scientifique, notamment le physicien, a la nostalgie de l’Un parce que cette pluralité appelle une unification, unification qui n’arrive jamais… 

L’abondance des particules sub-atomiques notamment est une image assez parlante de cette pluralité, quasi babélienne, et fourvoyante.



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