Le problème de cet article est l’utilisation des mots « libéral ou libéralisme ». En fait, c’est de « capitalisme » qu’il faudrait parler.
Et pour comprendre la Chine actuelle, il faut rappeler l’histoire de ce pays qui rassemble plus d’un milliard de travailleurs potentiels, soit la plus forte concentration de force de travail de tous les temps. En 1978, après la mort de Mao et la mise hors jeu de la « bandes des quatre », Deng Xiao Ping, qui a eu le temps d’analyser la situation durant les 20 années de disgràce qu’il vient de traverser, revient au pouvoir. Deng, même s’il ne l’a jamais proclamé, a aussi analysé la situation de l’URSS, il en a déduis, Chine comme URSS comprises, que la solution stalinienne, « le socialisme dans un seul pays », non seulement est devenue obsolète mais est incapable de servir de base pour la construction du socialisme. La solution, pour Deng, est de revenir 60 ans en arrière, à la NEP de Lénine, au temps où « les chats attrapaient les souris ».
Comme Lénine qui a vécu en occident et analysé le capitalisme achevé de ces contrées, Deng constate que l’accumulation primitive du capital, mécanique étudiée en détail par Marx dans le Capital n’est complètement réalisable que par le capitalisme lui-même. Lénine avait promis la NEP pour plusieurs générations, Deng, en 1980, parle de 50 années pour installer « l’harmonie économique en Chine ».
Comme Lénine, Deng pense que la classe capitaliste, par son avidité de profits, peut être divisée, et qu’il ainsi possible, en échange de profits substantiels, de la priver de son pouvoir politique sur l’état. L’état actuel chinois, n’est pas le « comité qui gère les affaires courantes de la bourgeoisie toute entière » comme Marx l’avait montré en 1848 ; c’est un état qui, manifestement, prend en compte les intérêts de tous les prolos chinois. La progression, globale, sensible, et continue, du niveau de vie depuis 1980 démontre cette donnée, et ne permet pas l’assimilation de l’industrialisation rationnelle de la Chine à celles, souvent hasardeuses, qu’on a connu dans divers « dragons » asiatiques ou autres.