Quel point commun y a-t-il,
selon Serge Halimi, entre Michel Field, Claire Chazal, Alain Duhamel,
Jean-Marie Cavada et PPDA ? La même révérence devant leur patron, les
grands groupes tels Bouygues, Havas ou Matra-Hachette, la même révérence
devant l’argent et le pouvoir politico-industriel, les mêmes pratiques.
Maintenir à distance certains sujets pour mieux en matraquer d’autres,
désinformer, moins par volonté de manipuler que par paresse et par
reddition devant l’idéologie néolibérale dominante, c’est le credo des
nouveaux chiens de garde. La collusion entre les intérêts des
propriétaires de la presse française et le trust des trente journalistes
qui en tiennent les rênes à coup de présence incessante,
d’info-marchandise, de renvois d’ascenseurs et flagorneries de
courtisans, sape l’indépendance des journalistes, fragilisés par la
crainte du chômage.
“Des médias de plus en plus présents, des journalistes de plus en plus dociles, une information de plus en plus médiocre”,
une sentence qui résume bien l’esprit de l’auteur qui, avec les
résistants contre la pensée unique, hier Paul Nizan, aujourd’hui
Chomsky, signe un plaidoyer lapidaire pour la dissidence intellectuelle.
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voir : JOURNALISME, LA FABRIQUE DU SILENCE