Pour peu qu’on y réfléchisse, la nouvelle des agressions de Cologne représente l’envers absolu du grand récit de l’ouverture à l’autre,
où ce dernier est chanté à la manière d’un rédempteur. On somme les
sociétés occidentales d’embrasser une diversité qui pourrait les
régénérer de l’extérieur, d’autant qu’elle serait toujours une richesse.
On voit désormais qu’elle peut aussi prendre le visage d’une barbarie
agressive, où des bandes organisées entendent imposer leur présence sur
le territoire, avec la plus archaïque et la plus primitive des
techniques de guerre, celle de la prise des femmes, à qui on indique
qu’un nouveau pouvoir s’installe et qu’il s’exercera d’abord sur elles.
Les gardiens du nouveau régime multiculturaliste ne veulent pas
croire qu’ils pilotent allégrement nos sociétés vers quelque chose comme
une guerre civile inavouée mélangée à un choc des civilisations.
Ces termes sont peut-être exagérés - ou pas. Mais une chose est
certaine, ce n’est pas en laissant croire que le régime
multiculturaliste accouchera tôt ou tard d’un paradis diversitaire qu’on
calmera les angoisses des peuples européens. Les tensions sociales se
multiplieront. Cela nous ramène à la question première de la philosophie
politique, soit la sécurité élémentaire des sociétaires. Celle des
femmes européennes n’est manifestement plus assurée.