Aux lecteurs.
Plus de précisions sur la question :
Tout sera-t-il plié le mardi 5 avril prochain, devant l’Assemblée...Nationale ?
Ci-après, une intéressante contribution :
"Passée inaperçu entre les remous de la loi travail El Khomry et les débats sur la déchéance de nationalité, le 24 mars a été adopté en seconde lecture à l’Assemblée nationale une loi liberticide dont l’adoption définitive est maintenant suspendue au dernier vote du Sénat. Elle vise ni plus ni moins qu’à restreindre le premier tour des élections présidentielles 2017 à une bataille à trois, qui se jouera entre le FN et les deux candidats désignés par le PS et Les Républicains. En effet l’accès aux grands médias va se voir singulièrement restreint dans la période intermédiaire : celle qui court de la publication officielle de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel jusqu’au début de la campagne officielle qui ne dure en réalité que les deux semaines précédant le premier tour.
Que dit la proposition de loi 3201 dans son article 4 à ce sujet ?
« À compter de la publication de la liste des candidats et jusqu’à la veille du début de la campagne, les éditeurs de services de communication audiovisuelle respectent, sous le contrôle du Conseil supérieur de l’audiovisuel, le principe d’équité en ce qui concerne la reproduction et les commentaires des déclarations et écrits des candidats et la présentation de leur personne. »
Dans l’exercice de cette mission de contrôle, le Conseil supérieur de l’audiovisuel tient compte :
Pour les candidats qui ne bénéficient pas du soutien d’un parti ou qui n’ont pas d’historique politique, cette loi est un déni de démocratie. Un article du Monde en date du 1er avril 2016 nous montre un graphique avec les gagnants et les perdants d’un tel système. Même si toutes les hypothèses ne sont pas précisées, il est clair que les partis de pouvoir sont les grands gagnants d’un tel système. Si le FN semble handicapé par ce calcul, il y a peu de doute que la dynamique qui lui profite actuellement l’emmènera jusqu’au second tour où le strict respect des temps de parole lui sera garanti. Seuls, Mélenchon et Bayrou sauvent les meubles avec ce mode de calcul. La pluralité des élections et la capacité à faire émerger une candidature alternative à gauche sont sérieusement menacées. Renforcer la visibilité médiatique d’un candidat hors des partis par un vaste mouvement citoyen sans antécédents électoraux ne sert plus à rien pour les présidentielles de 2017. Une hypothétique scission du PS entre le camp libéral et le camp des frondeurs ne changerait rien non plus à l’affaire, les instances du PS actuelles empêcheraient toute récupération du nom et des résultats électoraux.
Le système actuel de saisine du Conseil constitutionnel laisse peu d’espoir à un recours, le citoyen n’y a pas accès, sauf dans le cadre de la question préalable de constitutionnalité dans le cadre d’un procès. Il faudrait mobiliser 60 Députés ou Sénateurs pour déposer un recours : compte tenu de la représentation actuelle des partis de pouvoir dans les Assemblées, c’est sans grand espoir."
Et si l’on souhaite une candidature hors des partis pour dépasser le discours sans échos dans la population des partis traditionnels, il faut s’assurer une candidature avec un (ou plusieurs) domaine d’expertise et de compétence, effectivement.
Extrait de Michel Leis http://www.pauljorion.com/blog/2016/04/02/la-proposition-de-loi-3201-la-democratie-confisquee-par-les-candidats-discredites/#more-84143
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