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Renaud Bouchard 20 mai 2016 16:13
Renaud Bouchard

Aux Lecteurs. Ce texte, de D. Werner

A la fin du Noeud gordien, un de ses essais, Ernst Jünger observe que "la perte de la liberté provoque un engourdissement dans l’espace, dans l’esprit et dans l’âme"*, dit le Visiteur. Cela étant, les gens, parfois, se réveillent.

Vous parlez de Verdun, dit l’Etudiante ?

C’est très rare que le pouvoir recule, dit le Visiteur. Surtout quand des symboles sont en jeu. En règle générale, il ne cède pas. Là, en revanche, il a cédé. Cela mérite attention.

Expliquez-moi, dit l’Etudiante.

La peur est le commencement de la sagesse, dit le Visiteur. Ces personnels, je pense, ont eu peur : peur pour eux-mêmes, tout simplement. Peur qu’il ne leur arrive quelque chose. Juste quelque chose.

Ils sont habitués à prendre des risques, dit l’Etudiante.

Quand, dans ce domaine-là, les gens se réveillent, en règle générale cela fait particulièrement peur, dit le Visiteur. On ne sait jamais où cela mène, je veux dire : jusqu’où. Certains précédents le montrent : parfois, en fait, assez loin.

On dit que les hommes aiment la servitude, dit l’Etudiante.

C’est en alternance, dit le Visiteur. Comme, justement, la veille et le sommeil. Les gens dorment parfois longtemps. On croit alors qu’ils sont morts. On peut aussi les maintenir en sommeil artificiel. Mais vous ne pouvez quand même pas faire n’importe quoi. Là, ils sont allés trop loin.

* Dans Essai sur l’homme et le temps, Christian Bourgois, 1970, p. 470.

Source : http://ericwerner.blogspot.fr/2016/05/alternance.html



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