@Robert Lavigue
Des doutes ont été émis à propos de cette anecdote, certains affirmant que Francis et Henri Pélissier, ainsi que Maurice Ville - c’est d’eux qu’il s’agissait -, s’étaient payés la... fiole d’Albert Londres.
Pour ce qui est du dopage dans les années 50-60, je ne saurais trop recommander la lecture de Doping - Les surhommes du vélo, de Roger Bastide (éd Raoul Solar, 1970) *.
C’était un autre cyclisme, une autre époque où les journalistes étaient systématiquement du côté des coureurs, plutôt que de celui des argousins d’une société qui va chercher chez les marginaux du sport de haut niveau, la preuve ultime de la survivance (hypocrite) d’un zeste de morale.
C’était aussi l’époque où Rudi Altig (1937-2016) répondait, avec superbe, à un journaliste qui lui parlait de sportifs et de dopage, : -
Nous ne sommes pas des sportifs, nous sommes professionnels !
* Extrait de la préface : « On exige tellement de toi, coureur cycliste mon
ami, on te porte si haut dans l’épopée du muscle que tu as été poussé à prendre
le doping comme soutien et, somme toute, comme instrument de travail.
« Quel homme de notre temps peut te le reprocher
sans revenir sur lui-même ? Lequel d’entre nous n’appuierait sur le bouton du
mandarin si cela devait suffire à lui donner la force de dominer le monde.
« Il faut être présomptueux pour te juger au nom
de la morale, mais te dire : « Attention, danger, ne va pas plus avant sur ce
terrain miné… », cela, nous en avons le devoir (…)
« Nous sommes tous bien convaincus de la
nécessité pour vous d’user de stimulants, attachons-nous alors à trouver un
juste milieu entre le Vittel et la « dynamite ». »