Sur les cartes postales, Rio, c’est toujours superbe, mais la réalité est parfois beaucoup plus rude. Sur les 9 mois et demi où j’ai vécu sur place à la fin des années 90, j’ai été attaqué 3 fois dans la rue, j’ai assisté à une fusillade en direct, vu un cadavre sur la plage, assisté à plusieurs accidents mortels et je ne compte pas le nombre de fois où j’ai été réveillé la nuit par les fusillades dans la favella d’à côté. Pourtant, mes indemnités d’expatriation me permettait de me loger à Ipanema. Il ne faut pas oublier les voitures qui ne s’arrêtent pas au feu pour ne pas se faire rançonner, les policiers qui rançonnent aussi, les ambulances qui n’arrivent jamais sur les accidents, les bus qui font la course, les queues dans toutes les administrations et une pollution monstrueuse partout... Seuls le jardin botanique et le massif de Tijuca sont des havres de paix. A part ça, les Cariocas sont chaleureux, mais la violence est souvent partout, y compris dans les relations professionnelles. On peut être viré du jour au lendemain, alors l’anticipation à la semaine prochaine... Ce n’est pas pour rien que l’on a supprimé le « tu ». Le « vous » s’accompagne de la forme de la troisième personne du pluriel, tout cela pour créer de la distance. J’ai toujours été heureux d’y aller et heureux d’en revenir, tout l’inverse du Nord.
On ne vois que peu de personne impotentes, mais il est probable qu’elles ne sortent pas dans la rue, sauf pour celles qui habitent déjà dans la rue, mais c’est vrai qu’on ne les voit plus après quelques semaines d’accoutumance. Il est d’ailleurs probable que ces personnes ont été emmenées à plusieurs centaines de kilomètres pour les Jeux, histoire de se donner un peu de temps avant leur retour. Ils l’avaient déjà fait pour la visite de Jean-Paul II à l’époque de ma présence sur place.
Les plus riches s’enferment dans des condominiums avec commerce, piscine et le petit personnel fait les courses... Les Brésiliens ne comprendraient pas que vous n’embauchiez pas, car il faut bien faire vivre les plus pauvres. Si les Cariocas les plus aisés ont appris le Français, c’est surtout pour que la bonne ou le chauffeur ne comprenne pas. On ne profite guère du Brésil dans ces conditions. Mais c’est vrai que quitter tous ses amis pour aller là-bas, il ne faut déjà pas avoir beaucoup d’amis. Mais pour ceux qui ont le culte de leur corps, ils ne seront pas seuls. Ils trouveront une salle de Gym tous les 10m dans les rues principales de Copacabana (av. Nossa senhora de Copacabana par exemple).
Pour ceux qui partent, une première phrase à retenir pour commencer à parler la langue et qui résout tous les problèmes : uma dar um jeitinho ? (n’y a-t-il pas un petit arrangement ?) prononcez oum gétigno en accentuant l’avant dernière syllabe.