Malek Chebel prônait un aggiornamento de l’Islam, tel que l’ont fait les autres religions abrahamiques. Cela requiert d’intégrer dans les consciences la séparation du spirituel par rapport aux institutions de pouvoir et à la législation, ce qui n’est pas dans la culture musulmane.
Sur un tout autre point, une question se pose, c’est la désignation du courant fondamentaliste radical qui pratique la violence en se revendiquant de l’islam (le cri de guerre des terroristes est une invocation à Allah).
Le terme « islamisme » pose le problème du risque de généralisation à l’ensemble de la religion musulmane (lorsqu’on parle de bouddhisme ou de protestantisme, c’est pour désigner la religion elle-même et non pas ses extrémistes). Le terme « jihadisme » butte sur les multiples sens de la notion de « jihad ». Il semble que le terme le plus approprié soit « takfirisme », mais il est peu connu. Le problème est qu’en l’absence de terme non ambigu, les gouvernants et médias parlent de « terrorisme » sans le caractériser pour éviter les amalgames, mais cette langue de bois a l’effet inverse, à savoir d’instiller la méfiance dans la population qui considère que quelque chose est sciemment occulté.