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Elliot 29 novembre 2016 13:06
Elliot

C’était ( c’est peut-être toujours ) le pari de Mélenchon de se retrouver un jour à la tête d’une Gauche refondée face à une Droite également reconstituée sur ses bases historiques : le fait que le FN ait un discours très à gauche sur certaines sujets relève de l’opportunisme de circonstance et ne doit pas faire oublier la nature profonde de ce parti incarnée en son temps par le père et reprise aujourd’hui par la petite fille.

L’irruption de Fillon rebat les cartes.

Il est quasi plébiscité par son camp sur des propositions clairement à Droite dans la droite ligne de ce que fut la Droite catholique d’avant guerre avant que la lamentable parenthèse pétainiste ne la fragmentât entre patriotes, collabos et un marais plus prudent dans ses choix.
Au point qu’à la libération plus personne n’osait encore se revendiquer de Droite.

On passera sur l’accusation de populisme, ce gros mot qui accable ceux qui osent relayer les états d’âme de certaines populations, le concept est devenu tellement rabâché qu’il ne veut plus rien dire et de toute manière ce qui parle au peuple n’est pas nécessairement d’une haute élévation morale et certains discours abaissent autant ceux qui les entendent que ceux qui les tiennent : c’est pourtant le grand mérite de la démocratie de les laisser s’exprimer et de laisser s’exprimer ceux qui les réfutent.
Fillon annonce du sang et des larmes, ce qui a manifestement correspondu aux attentes doloristes d’une population imprégnée de catholicisme traditionnel encore très vivace comme on peut voir : quant à l’islamisation de la société, ceux qui fantasment sur le sujet pourront encore s’occuper les méninges pendant quelques siècles à moins que entre-temps une autre mystification religieuse n’ait pris le relais.

Fillon opposera sa construction rationnelle aux simplismes du programme du FN qui donne un vernis de Gauche à un conservatisme de fait, le tout lié par une xénophobie agressive.

Le seul intérêt de la Présidentielle sera de voir Mélenchon briser l’hégémonie du PS pour prendre rendez-vous pour 2022

Comme on l’a vu avec Donald Trump, une caricature versatile dans ses engagements peut terrasser une construction rationnelle des médias. 

Madame Clinton avait, il est vrai, des casseroles et n’était au demeurant pas des plus sympathiques.

Fillon n’est pas antipathique, il traîne une réputation de quasi-janséniste, il a des convictions - honorables comme toutes les convictions - mais on doit à la vérité et à la simple justice de constater qu’il s’arrange toujours pour ne pas les rendre rédhibitoires.

C’est le prototype même du parfait honnête homme ( comme in disait au XIXe )

Une défaite devant Marine Le Pen serait vraiment une bien grande surprise - divine, c’est autre chose ! - mais ouvrirait peut-être une voie royale en 2022 à un Mélenchon qui aurait réussi à sortir en pole position de la Gauche en 2017. 



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