La mission de M. Villani invite
légitimement à une vigilance à ce que l’ampleur de l’IA reste mesurée. A ce
titre, il serait fort opportun d’une part de scruter les conséquences d’une IA
amplifiée mais d’autre part de ne pas oublier de travailler sur le fond qui
sous-tend les courants transhumanistes favorables à une IA plus omniprésente.
En fait, outre l’empirisme
logique qui caractérise les maths – spécialité de M. Villani, le champ de la
connaissance est bien plus riche que ce seul socle numérique où se focalise
l’IA.
L’homme, loin d’être un objet
soumis au flux des performances, est porteur d’un sens plus profond que la fascination ou la consommation
effrénée de technologies. L’unité de
notre être n’intègre-t-elle pas l’accueil d’un donné naturel – en nous et par le cosmos – que nos
capacités d’intuition ou d’analogie, au-delà de tout ‘deep learning’, feront
fructifier ? Ce cheminement cognitif inclue une vision globale où les niveaux de réalité attestent
des limites du monde des lois analytiques : des découvertes telles que la
physique quantique ne nous convient-t-elles pas à cette quête éthique ô combien
plus féconde que la ‘logique artificielle (au lieu de IA)’ en vue d’un homme
augmenté ou plutôt diminué ?