@Fifi Brind_acier
Je connais bien le livre de MF Hirigoyen qui décrit très bien les techniques de harcèlement moral dans l’entreprise. Quand je parle d’organisations « perverses » il s’agit bien de tuer discrètement ceux qui pourraient s’opposer au pouvoir en place. En fait, il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup de personnalités perverses dans l’organisation pour que cela fonctionne. Il se trouvera toujours quantité de bureaucrates qui feront le travail sans se rendre compte de la perversité du système. Leur incompétence ne les rend pas aptes à comprendre le fond du problème.
Aujourd’hui, dans les grands groupes industriels, les procédures qualité à suivre sont définies par ceux là mêmes qui devront les appliquer, sans pouvoir les modifier si celles-ci s’avèrent inutilisables. Ainsi, ils se sentent responsable de leur enfermement et ne se rebellent pas. Un constructeur automobile japonais est le grand champion de cette technique, mais tient toujours le record des retours usine. Cherchez l’erreur. Les procédures qualités sont bien sûr nécessaires, mais doivent pouvoir changer rapidement et les règles doivent aussi s’appliquer aux managers jusqu’au plus haut niveau. Or il se trouve que quelques managers de haut niveau ne se sentent pas concernés et de plus verrouillent les règles pour éviter leur propre déstabilisation. La perversité vient de là, mais peu de personnes pensent à accuser ce niveau. On pense beaucoup plus à attaquer le management intermédiaire dont le rôle est souvent de servir de fusible. J’ai pu occuper un poste de « directeur » dans le management intermédiaire où j’ai eu l’occasion de refuser l’ordre qui m’était donné de faire supporter au niveau inférieur les inconséquences des décisions de la direction. Je ne suis pas resté longtemps sur cette position, mais j’ai beaucoup appris de cette situation... Combien aurait accepté l’ordre pour éviter les conséquences du refus ?