@Étirév
Lorsque les difficultés apparaissent, nous avons tous besoin de rêver à un passé glorieux dont nous souhaitons le retour. Tant qu’il s’agit d’un rêve, cela ne pose aucun problème, mais le passage à l’action peut être porteur de toutes les violences.
Ainsi les Juifs rêvent d’un grand Israël qui n’a jamais existé (lire « la Bible dévoilée » d’Israël Finkelstein et Neil-Asher Silberman) et les Musulmans justifient le pouvoir sur Jérusalem par le voyage au ciel de Muḥammad qui n’a été inventé qu’après 750 pour justifier l’incréation du Coran (Les inscriptions du Dôme du Rocher construit en 691 sont un cri contre cette théorie). Les deux ont tort et les violences actuelles ne cesseront que lorsque les deux religions abandonneront ces revendications ridicules et laisseront l’organisation de la cité aux seuls citoyens.
Cette idée d’une grande civilisation arabe procède du même état d’esprit. Cette civilisation n’a jamais vraiment existé, même si dans le début de la conquête arabe, les conquérants n’utilisaient pas le Coran (dont la version définitive date de 840 environ et les Hadîths sont encore plus tardifs) et laissaient les populations locales continuer à étudier la science.
Ce que vous appelez les sciences arabes n’ont jamais été arabes. On en trouve des traces plus anciennes dans les mondes grec, indien ou perse. J’ai eu l’occasion de travailler sur des copies de manuscrits soit-disant arabes dont les originaux avaient été soigneusement détruits. La reconstitution des manques que j’ai pu faire était assez simple puisque tout avait déjà été décrit par ktésibios au deuxième siècle avant J.C. à Alexandrie.
Al-Mansour et ses successeurs imposaient le statut de dhimmi aux populations locales, ce qui veut dire qu’ils étaient lourdement imposés dans une situation d’humiliation avec l’interdiction de construire des églises, voire même de les fréquenter. Il est heureux qu’ils aient été arrêté à Poitiers.
Il est un peu facile de nous envoyer les noms d’Avicene ou d’Averoes lorsque l’on sait que ces deux philosophes ont été condamnés par l’islam à la fin de leur vie. Le grand gagnant est Abuhamid al-Ghazali (1058-1111) qui est le théoricien de l’obscurantisme musulman. Il a combattu la philosophie et la science parce qu’elles n’annonçaient pas la révélation du Coran. Pour lui, la seule science est la science religieuse qui ne met pas en causes les fondements de l’Islam et les sciences comme la médecine ou les mathématiques sont dégradées au titre de techniques utiles. Circulez, il n’y a plus rien à voir.