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Christian Labrune 25 juin 2018 13:04
Christian Labrune

Pour autant, les Iraniens ne cessent de se battre, avec une constance dans l’énergie déployée depuis des décennies qui n’a d’égal que la résilience dont ils font preuve à chaque coup de Trafalgar d’alliés de circonstances plus enclins à trouver leur propre intérêt qu’à réellement aider à sauver un peuple en souffrance.

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@Mazdak Teherani

Le discours du « propre intérêt » qui commande la politique des Européens, et qui correspondrait à une sorte de realpolitik assez constante des états, quoique fort peu conforme à l’éthique, ne tient même plus debout en la circonstance. Comme vous le faites très justement remarquer, un certain nombre d’entreprises envisagent très sérieusement de se retirer de l’Iran des mollahs. C’est le cas de Total, de Peugeot (pourtant peu implanté en Amérique) et peut-être même d’Airbus. Ces groupes industriels font très peu de cas du soutien que prétendent leur apporter les Macron et Mogherini. Elles y perdront momentanément, mais moins à long terme qu’à rester sur place et à cautionner l’un des pires régimes que la planète ait connus depuis le nazisme.

La politique européenne est d’une stupidité totalement incompréhensible. Sur ce site, un article de Spartacus rapportait il y a quelques semaines un propos de Zarif dont les media américains seuls s’étaient fait l’écho, disant à peu près : si nous n’avons pas le soutien des Européens, nous publierons les noms des diplomates dont nous avons payé la collaboration lors des accords de Vienne, et le montant des sommes qu’ils ont reçues. Je vais finir par croire que c’est vrai. On concevrait que de grandes entreprises capitalistes fissent pression sur un gouvernement - cela ne s’est que trop fait - pour qu’il réalise une politique conforme à leurs intérêts, mais ce ne sont évidemment ni Total ni Peugeot qui tiennent Macron par la barbichette.

Aucune raison économique forte n’explique donc la politique actuelle de la plupart des gouvernements européens vis-à-vis de l’Iran. Une pareille obstination, comment l’expliquer ? Soutenir un pareil régime, qui tomberait très vite si les sanctions préconisées par l’Amérique étaient généralisées, c’est carrément criminel. Ou bien c’est de l’imbécillité pure et simple. Dans les deux cas, c’est accablant. L’Histoire jugera, et fort sévèrement.

J’étais à la dernière manifestation des opposants iraniens qui avait eu lieu après des émeutes vite réprimées. Tous les Iraniens de Paris étaient là, qui ont piétiné au départ, comme moi, les immenses portraits de Rohani et de son Führer collés sur le bitume près de la place d’Iéna, mais dans une ville de deux millions d’habitants, très peu de Français avaient fait le déplacement. Le climat était lourd et triste. L’Iran, c’est loin, on s’en fout. Quand le perfectionnement du missile iranien mettra l’Europe à sa portée, peut-être qu’ils changeront d’avis, mais ce n’est même pas sûr. Le devenir de la France m’inquiète presque autant que celui de l’iran. D’un côté, la tyrannie vit ses dernières heures. De l’autre, la tyrannie de la Bêtise accroît son empire de jour en jour.



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