« le christianisme, qui était à l’origine une philosophie moyen orientale »
Le Christianisme n’a rien d’une philosophie, moyen-orientale ou occidentale. Le message du Christ est un message de salut pour un autre monde. Cela ne concerne en rien notre vie présente, sinon par la pratique de l’amour à l’image de l’amour de Dieu. Cet amour entraîne une manière d’être et d’agir mais ne prétend pas révolutionner la société ni créer un paradis sur terre.
Le Christianisme s’est peu répandu dans la durée au moyen-Orient, il a eu besoin du rationalisme des Grecs pour se développer.
« le bien et le mal, le paradis pour ceux qui font le bien, l’enfer pour les autres » Le bien est une conséquence de l’amour pour les Chrétiens et n’est pas une valeur en soi. On peut vivre sa vie dans le mal et finir au Paradis si on accepte l’amour au dernier moment. Ce que nous sommes compte beaucoup plus que ce que nous faisons et l’amour ne peut être réduit à une morale. Jean dans son Evangile explique bien que le salut ne dépend que de nous (Jean 3, 19-21) et non d’un jugement extérieur.
« le rôle de Paul dans le christianisme devient prédominant »
Absolument pas. Les lettres de Paul sont postérieures aux Evangiles (année 37 pour l’évangile de Matthieu en araméen) et n’apporte rien au contenu de ces Evangiles. Ce sont les lettres d’un évêque qui met les Evangiles en rapport avec la vie que vivent les premiers Chrétiens comme peut le faire un évêque d’aujourd’hui.
« On reprochera énormément à Rousseau son christianisme »
Ce christianisme inspiré du protestantisme est totalement hérétique et très pervers. Rousseau n’a de cesse de tuer le Christianisme pour imposer sa religion naturelle. Son objectif n’a rien de démocratique, car il veut rassembler les pouvoirs politique et spirituel sous le même chapeau, celui d’une oligarchie de personnes instruites. Pour Rousseau, les principes moraux sont du ressort de l’Etat, tandis que les dogmes sont du ressort de la religion et il voit la religion comme un moyen d’enfermement des citoyens : « Il y a donc une profession de foi purement civile dont il appartient au souverain de fixer les articles, non pas précisément comme dogmes de religion, mais comme sentiments de sociabilité, sans lesquels il est impossible d’être bon citoyen ni sujet fidèle. [...] Que si quelqu’un, après avoir reconnu publiquement ces mêmes dogmes, se conduit ne les croyant pas, qu’il soit puni de mort ; il a commis le plus grand des crimes, il a menti devant les lois. » (La nouvelle Héloïse). La peine de mort, rien que ça. Thiers dira la même chose au siècle suivant, mais tout cela repose sur une incompréhension totale de ce qu’est le Christianisme qui est tout le contraire d’un asservissement, mais c’est justement pour cela qu’il faut l’abattre.
« un « méga mythe unificateur » explique la facilité avec laquelle les différents peuples, une fois vaincus, ont accepté d’adhérer à l’Islam »
Il ont surtout accepté sous la contrainte. La preuve en est l’islam de pays colonisés par les arabes tels que le Maghreb qui ont développé un islam pacifique tout à fait contraire à la stricte lecture du Coran qui était celui de leurs envahisseurs. L’Espagne n’a pas mis longtemps à se débarrasser de l’islam malgré plusieurs siècles de colonisation, ce qui suppose une adhésion parfaitement superficielle.
L’islam a par contre fasciné les philosophes des lumières et par la suite, Bonaparte et une bonne partie de la gauche française car il mélange le pouvoir temporel et spirituel. Un rêve pour les dictateurs.