@ Gollum
Par Volonté, je n’entends pas la volonté au sens de gré. D’où la majuscule. Un autre nom de la Volonté serait Eros. Les Grecs, Hésiode par exemple, mettaient Eros à l’origine du monde, en tant que principe animateur.
’Au commencement exista le Chaos, puis la Terre à la large
poitrine, demeure toujours sûre de tous les Immortels qui habitent le faite de
l’Olympe neigeux ; ensuite le sombre Tartare, placé sous les abîmes de la Terre immense ; enfin l’Amour, le plus beau des dieux,
l’Amour, qui amollit les
âmes, et, s’emparant du coeur de toutes les divinités et de tous les hommes,
triomphe de leur sage volonté.’
Je suis circonspect devant votre propos parce que je me place dans la perspective unique de l’individu. Et ce qui pour l’un est toxique est pour l’autre profitable. Depuis trop longtemps, on occulte la réalité élémentaire, à savoir la variété des individus et l’unicité et la singularité de chacun d’eux. C’est sur cette négation que s’élève toute morale, quelle qu’elle soit, et dont l’objet est de créer un individu type, moyen et médiocre.
De plus, il me semble que c’est parce que la Volonté est contrariée et qu’elle ne peut être éteinte qu’il lui arrive d’emprunter des chemins problématiques. Nietzsche justifie ainsi la Volonté de néant ; l’Homme préfère vouloir le néant plutôt que ne pas vouloir ; parce qu’il ne peut s’empêcher de vouloir, le Vouloir l’anime, et ainsi, par delà l’apparence négative, c’est en fait encore et toujours la positivité de la Vie-même qui se manifeste.