Mon pére a ramené la télé n/b à la maison pour assister à l’alunissage d’Apollo 11,
j’avais 3 ans. Il nous a réveillé de nuit moi et ma sœur pour assister à ce « grand moment pour l’humanité » et je n’ai vu qu’une boite qui fait de la lumière qui bouge et entendu un grognement crachotant, regardant plutôt mes parents et leurs émotions intenses et changeantes face à cette « lampe ». Le lendemain j’ai compris en revoyant l’appareil qu’il racontait des choses...
.
La machine-à-hypnotiser est devenue familière durant les ’70s, l’eurovision c’est chouette, fan de ceci, de cela, Oh ! la couleur ! jusqu’à mes 16/17 ans où des jeux entre potes amenaient à couper le son pour refaire des dialogues à la con, où la rutilance plate, les attitudes fausses et rires forcés et ces horribles pub’s, devenaient insupportables. Seul restait comme attrait des films ou séries, reportages et quelques émissions (stupides comme les Bogdanov ).
L’aspect jubilatoire du film Kamikaze avec Bohringer et Galabru reflète bien l’esprit alternatif de l’époque à cet égard. Les VHS étaient dispo à la location et la télé perdait ce monopole du film en pantoufle dans son fauteuil.
.
À la fin des 80s, j’ai vu quelques émissions de Dechavanne chez des potes qui ne pouvaient pas en louper une. C’était le début de l’ère cynique, où le présentateur devient la star. L’âge du on se poudre les narines et on arrive en courant.
.
Depuis les 90s, j’avais bien un petit écran qui captait les émissions locales via son antenne mais il a surtout lu des VHS. Je n’ai vu les chaînes françaises qu’occasionnellement lors d’invites en famille. Le spectateur apparaît de plus en plus pris par la main, restez avec nous, le rythme devient petit à petit celui des montagnes russes qui mènent à un générique, une pub, le JT ou le tirage du Lotto.
.
Depuis les années 2000 il est devenu de plus en plus rare que je découvre l’évolution de ce média (si ce n’est via Pierre Carles). J’ai eu quelques occasions de zapper, la dernière fois en 2013 : C’était le tornado, des jingles se passant la main en tirant par le bout du nez, une surenchère de cynisme, de provocation, d’infantilisation. Ce que je peux en voir comme extraits dans des vidéos aujourd’hui me navre tout autant. Mes enfants devenus adultes ne se sont jamais plaints de ce qu’on ait pas eu de télé.