Merci @ l’auteur pour le partage.
Juste une petite histoire vécue et relative au colonialisme, aux algériens et autres considérations dont il est fait état dans cette article et ses commentaires :
Décédé
d’un cancer prétendument foudroyant, il se prénommait Mohamed,
« Momo » pour ses compagnons de labeur dont je faisais partie,
totalement analphabète mais d’une ingéniosité remarquable, il était mon ainé
d’une douzaine d’années et nous avons fait souvent équipe sur des chantiers de
génie civil durant plusieurs années.
Malgré
notre différence d’âge et le boulot à abattre, nous « tchatchions » pas mal Momo et moi et, un jour, Il me
raconta qu’à « l’époque française » dans sa petite ville natale de
l’ouest algérien, au pied du fronton de la coquette mairie, où était gravés sous le drapeau trois mots
français, (il savait faire la différence avec l’arabe) courait une vaste et fraîche esplanade
ombragée, gazonnée et fleurie par endroits, mais
interdite d’accès aux indigènes, que des agents en uniformes (flics ou gardes
champêtres ?) en faction aux deux bouts de la rue obligeaient à changer
de trottoir, ce qui lui arriva une fois, par ignorance, à son père et lui-même encore enfant.
Mohamed me
précisa qu’il en était ainsi pour certains bars, restaurants, tribunes de stade
et places (en balcon) à l’unique cinéma de son patelin d’enfance.
Trop
jeune et ignorant, je ne comprenais pas
et à la question posée : Pourquoi ? Il me répondit avec un sourire
ironique que c’était comme ça, sans autres explications. . .
Maturité
et culture politique aidant, je
réalisais des années plus tard que Momo m’avais tout bonnement décrit un apartheid, système inhérent à
tout colonialisme dans toute société coloniale, en l’occurrence commis par une nation dite des lumières, des droits de l’homme et du citoyen !
Depuis,
ils me font bien marrer les « faschiasses »
prétendant que la France est colonisée (! ?) par les « muzz », tout comme les « gauchiasses » soutenant le « droit à l’existence » de l’apartheid $ioniste, excusez
le pléonasme ! . . .
(. . .) Oui, il
vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches
d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler au très distingué, très humaniste,
très chrétien bourgeois du XXème siècle qu’il porte en lui un Hitler qui
s’ignore, qu’Hitler l’habite, qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère,
c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce qu’il ne pardonne pas à Hitler,
ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l’homme, ce n’est que
l’humiliation de l’homme en soi, c’est le crime contre l’homme blanc, et
d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient
jusqu’ici que les Arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et les nègres d’Afrique (. . .)
Discours sur le
colonialisme - Aimé Césaire