• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Signaler un abus

McGurk 10 mars 2020 12:32
McGurk

Le caractère démocratique de l’article 49-3 qui permet de faire passer un projet de loi par l’Assemblée nationale, soit une démocratie représentative et donc indirecte, avec un mode de scrutin défavorable à l’opposition

En réalité, ces projets passent symboliquement à l’AN — probablement dans le but de faire une (fausse) distinction entre respect du fonctionnement démocratique et despotisme. Mais en dehors de ce geste, c’est très clairement de l’autoritarisme. Il n’y a, d’ailleurs, pas besoin de scrutin étant donné qu’il n’y a pas de vote — ce qui rend ledit projet encore plus autocratique.

Cet article est à rapprocher sérieusement d’une chose dont on parle, à dessein, beaucoup moins, à savoir les « ordonnances » qui court-circuitent également la démocratie. Surtout lorsque l’on sait que leur nombre a commencé à sérieusement s’élever sous le règne de Sarkozy, explosé avec Hollande et...probablement plus lorsqu’on aura le bilan du diktat de Macron.

Un bilan déjà désastreux, surtout si on considère — en revenant au sujet initial — qu’en deux mandats on a eu droit à...quatre 49-3 ! Signe que la démocratie n’existe non seulement plus (enfin en surface) mais que notre propre « élite » va à l’encontre de l’évolution de notre société et de ses besoins.

Si ce n’est pas le cas, on pourra, à mon avis, dire que le pouvoir a agi en dehors de la démocratie.

Cette question a déjà été tranchée depuis longtemps car on nous dit de reporter tous les mandats cet âge deux ans plus tard.

Et avec l’incertitude totale liée à cette nouvelle loi forcée, il est possible de mettre la retraite à 90 balais vu que le mode de calcul est totalement aléatoire, dépendant surtout de la bonne volonté des autorités — complices des marchés souhaitant la mort de la protection sociale pour remplir le vide avec des offres marchandables.

Et c’est bien là, quel que soit le gouvernement qui plus est, le vrai « sens » de leur réforme. Parce que, au fond, qu’est-ce que la protection des citoyens (ou devrait-on dire des « sans dents ») face à l’avenir d’un parti — et donc de l’avenir des gens qui le composent — ?

L’immédiateté est la faiblesse profonde des partis. Pour assurer leur existence, il leur faut de l’argent frais et le plus rapidement possible — comme un drogué à besoin régulièrement de sa dose.

D’où la profonde crise démocratique qui agite depuis un certain temps notre pays car nos « représentants » ne représentent que les intérêts privés, à commencer par les leurs. Tout ce qui leur fait obstacle est à la fois balayé dans la violence des mots et des actes.

Ceux du « nouveau monde » — en majorité EM — n’ont même plus d’inhibitions, la moindre décence. Toute interface politique traditionnelle (haut niveau de langage, courtoisie, etc.) a complètement disparu pour faire place à des comportements obscènes et choquants.

Tiens d’ailleurs, on ne dit maintenant plus « démocratie » mais "république. Comme quoi on a laissé cette notion derrière nous pour nous rapprocher du suffrage censitaire voire même (à mon avis) du fonctionnement de la République Florentine (ou des autre cités-Etats italiennes).



Palmarès